Yassin Adnan, «poète avant tout»

26/07/2008 21:18Camille Gros

Yassin Adnan est correspondant culturel pour le Maroc ou journaliste représentant de la culture marocaine à travers le monde. Mais avant tout, il est poète et nouvelliste.

« J'ai toujours eu envie d'écrire… Mes premiers textes, je les ai écrits en primaire, confie Yassin Adnan, mêlant dans ses phrases français, anglais et parfois même arabe. Mais, ce n'est qu’à 21 ans que je suis devenu écrivain, à l'université. »

En 1991, Yassin Adnan, alors étudiant en France, propose un poème pour le Prix maghrébin de poésie « Moufdi Zakaria » en Algérie. C'est là qu'il gagne son premier prix littéraire. Dès lors, il dira qu'il est écrivain. « Il y a une grande différence entre écrire et être écrivain, explique le poète. Il faut se sentir écrivain pour l’être et surtout être reconnu comme tel aux yeux des autres ». Il s'est reconnu écrivain dans le regard des autres après son prix. Pour lui, « le reflet que donne l'autre de soi-même est le meilleur que l'on puisse voir ». Aujourd'hui, même s’il est correspondant culturel pour le Maroc et qu'il anime l'émission culturelle télévisuelle la plus regardée du pays, il se dit « avant tout poète ».

Bien qu'il puisse réagir sur des textes anglais, français, il ne peut produire d'œuvres qu'en arabe. « La langue maternelle est une langue que nous connaissons, avec laquelle nous sommes complices », explique-t-il.

Lorsqu'il écrit un poème, c'est un sentiment qu'il traduit, un problème avec le monde ou avec lui-même. Dans son ouvrage, Le Récit de l'Effroi, il a voulu évoquer le temps, le monde qui change. Par exemple, après le 11 septembre, il a voulu écrire « un certain dernier jour », pour s'impliquer parmi ceux qui ont souffert. Pour écrire, il essaie de ne pas rester enfermé. Alors, il voyage. Il publie à Beyrouth au Caire, à Damas et, parfois, dans ses recueils, on retrouve deux langues.

Lorsqu'il crée des nouvelles, il cherche également à s'ouvrir, à se découvrir davantage. « J’écris toujours sur des sentiments. Lorsque je surprends quelqu'un dans une situation qui n'est pas banale ou que je croise une caractéristique psychique que je ne connais pas, je la retransmets dans mes récits », explique ce poète croqueur du particulier.

Yassin Adnan a également participé à plusieurs ouvrages collectifs comme le livre Import/Export : Tanger/Marseille, paru en 2004. Des expériences qui lui permettent de rester ouvert au monde de la littérature, mais aussi aux humains. « À mes yeux, il est très important de s’ouvrir aux autres. J’estime que pour être lu, un poète doit fournir un effort d’ouverture aux autres », confie M. Adnan. Des paroles auxquelles il obéit puisqu’il n’hésite pas à s’asseoir au milieu d’enfants et à rire à leurs côtés en se laissant conter les histoires de son pays… 

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