Whatever Works : Woody de retour dans son jardin

19/07/2009 04:00Alexandre MathisDijon
Après un long passage européen, Woody Allen retrouve sa New-York chérie. Il retrouve aussi sa légèreté et un certain optimisme porté joliment grâce à de bons acteurs.

Whatever Works : Woody de retour dans son jardin


Après un long passage européen, Woody Allen retrouve sa New-York chérie. Il retrouve aussi sa légèreté et un certain optimisme porté joliment grâce à de bons acteurs.

Une tronche étonnement proche de celle du réalisateur, une patte folle et un cynisme terrible, Boris (Larry David) se définit d’abord ainsi. Puis, face à son histoire, on s’aperçoit que Woody Allen a créé une sorte d’alter-égo extrême. Boris dénigre la vie, l’amour, les autres et est un génie mal compris. Il veut surtout tout calculer. Seulement, par un acte généreux proche pour lui de l’égarement, il recueille la jolie Mélodie Célestine. Evan Rachel Wood se charge de jouer cette femme immature, pas franchement futée.

Les deux personnages font la paire. Comme toujours chez Woody, l’amour frappe à la porte, mais entre par la fenêtre. La première partie du film donne un contraste bien exploité d’un Larry David absolument irrésistible dans son rôle et de la jeune femme ébahie par l’intelligence du premier. Larry cause beaucoup, démontre, démonte, rabaisse. Evan Rachel se doit d’écouter, acquiescer, tenter maladroitement d’imiter. La situation est particulièrement flagrante lors d’une discussion dans un parc où Boris rabroue Mélodie sur ses incompréhensions. Il gesticule, s’agace. Elle se contente d’approuver en mangeant son Mc Flurry. Woody Allen retrouve ce côté cocasse qui manquait singulièrement à ses derniers films.

Il retrouve aussi une fraicheur de filmer. New-York redevient son New-York, cosmopolite moralement et extrêmement fermé sur son monde. L’apparition de la mère de Mélodie et les histoires qui en découlent sont encore plus savoureuses que le reste. Comme souvent chez le cinéaste juif, les ménages se cocufient, se font à trois, se défont et se refond. Mais là où Vicky Cristina Barcelona se noyait dans une peinture brouillonne, Whatever Works est un collage qui retombe sur ses pattes. On se rend compte que Woody Allen, à travers son alter-égo est plus que jamais bavard. Sa façon de s’adresser au spectateur est un prétexte en or pour le film de causer encore et toujours. Afin d’éviter toute lourdeur, Larry s’en ai remis à son talent naturel qui fait déjà rire beaucoup d’américains dans sa sitcom Larry et son nombril. Mieux que le vin français, Allen nous dégotte chaque année son cru. Le 2009 est une très bonne année, proche d’un cru 2005.

Alexandre Mathis

Whatever Works, de Woody Allen, avec Larry David, Evan Rachel Wood, Ed Begley Jr. (U.S.A., 1h32, 2009)

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