Violences conjugales « des paroles contre des actes »

24/01/2008 13:08Elsa MARCHAND
Les enquêtes concernant les violences conjugales sont, à l’heure actuelle, compliquées à mener, le manque de statistiques révèle ainsi le tabou qui existe encore sur le sujet. Et pourtant, les chiffres dont on dispose sont alarmants ! D’où l’utilité des associations d’aide aux femmes battues.

« Des violences minimisées »

Les statistiques montrent qu’une femme sur cinq a été, au moins une fois dans sa vie, victime des violences infligées par son mari ou son compagnon, mais seule une minorité d’entre elles portent plainte. Les juristes notent que la dépendance financière d’une femme la met en position de faiblesse, ralentissant le processus de dénonciation des violences. « La terreur du conjoint ou des représailles du fait d’avoir porté plainte peut justifier cette abstention, car quelqu’un qui frappe entretien une relation de dominance sur sa victime.» déclare Christine, psychothérapeute dijonnaise, « D’autre part, la femme a très souvent l’espoir que l’homme violent va finalement changer et nombreuses sont celles qui pensent qu’elle mérite les coups qu’elles subissent, ce qui naturellement est faux. »

Christine explique aussi que les manifestations de la violence commencent souvent par des insultes verbales, de plus en plus dévalorisantes, des cris de plus en plus forts et puis un jour l’insulte est accompagnée d’un geste, puis d’un autre. « Cette situation se reproduit de plus en plus souvent jusqu'à ce qu’elle devienne régulière et avec une brutalité croissante. »

« La parole comme antidote »

L’analyse psychologique démontre que la plupart du temps les auteurs ont enregistré ce mode de communication violent dans leur passé et surtout dans leur enfance au travers de leur vécu familial ou social. La personne violente est pratiquement toujours un être en souffrance qui l’ignore lui-même. Il ne reconnaît pas ses actes comme graves, ni comme répréhensibles par la loi.
« La victime, parfois, minimise aussi la gravité des faits. » souligne encore une fois Christine, ce qui a poussé plusieurs associations à mettre en place une aide aux femmes battues, telles que Solidarité Femmes à Dijon, le CIDFF (Centre d’Information sur les Droit des Femmes et de la Famille) à Quétigny ou encore l’assistance téléphonique au 3919.
« L’antidote de la violence est la parole et c’est donc en osant en parler, aussi bien pour un auteur que pour une victime, que la personne se dirige vers le premier pas de résolution. » conclut la thérapeute.

Solidarité femmes 4 r Chancelier de l'Hospital 21000 DIJON 03 80 67 17 89

CIDFF : 22 av Château - 21800 QUETIGNY - 03 80 48 90 28

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