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Universités britanniques : mode d’emploi
19/04/2004 10:58Lucie GOULETTYPO Nevers
316 voix pour, 311 contre. Tony Blair est passé très près du désaveu parlementaire. Jusqu’au dernier moment, les journaux ont spéculé sur l’issue du scrutin. Etait en jeu, outre la crédibilité du gouvernement, la réforme de l’enseignement supérieur britannique envisagée par Tony Blair.
316 voix pour, 311 contre. Tony Blair est passé très près du désaveu parlementaire. Jusqu'au dernier moment, les journaux ont spéculé sur l'issue du scrutin. Etait en jeu, outre la crédibilité du gouvernement, la réforme de l'enseignement supérieur britannique envisagée par Tony Blair.
La loi est passée en première lecture fin janvier. Elle doit encore être soumise à plusieurs votes avant d'être appliquée.
Un financementsous forme de prêt
Les étudiants ne financeraient plus leurs études au cours de leur cursus, comme c'est le cas actuellement. Ils ne paieraient rien sur le moment et commenceraient de rembourser les frais engagés par l'Etat pour leur formation à partir du moment où ils gagneraient 20.000 euros par an. Un fonctionnement sous forme de prêt qui a suscité un tollé général des politiques et du monde enseignant.
Nombre de voix se sont élevées pour montrer que le projet allait à l'encontre de la volonté du gouvernement travailliste de faire entrer 50 % des 18-30 ans à l'université en 2010. Derrière ce projet de loi, c'est l'enseignement britannique en général qui risque d'être remis en question. Si la loi devait être appliquée, elle encouragerait un système de financement à l'américaine, où les universités vivent grâce à des fonds privés.
Le système universitaire britannique est en ce point plus proche du nôtre. Il est entièrement géré par l'Etat. Les grandes écoles à la française, type HEC ou ENA, n'existant pas ici, la sélection à l'entrée des universités est assez exigeante.
Des universitésplus sélectives
Dès le premier trimestre de leur dernière année de secondaire, les jeunes Britanniques doivent postuler dans six facultés au maximum. Celles-ci examineront leurs profils avant de formuler des “conditional offers” : nous vous acceptons sous réserve que vous obteniez au minimum telles notes à vos examens de fin d'année.
Bien sûr, les meilleures universités fixent la barre très haut. Penser entrer à Oxbridge demande de présenter un dossier dès le début de l'année, puis de sacrifier à une batterie de tests et d'entretiens n'ayant pas toujours de lien direct avec le cursus demandé.
Ainsi les candidats à la filière droit d'Oxford doivent-ils se soumettre à des tests de logique considérés comme ardus par les professeurs de terminale. Vouloir entrer à Oxbridge, c'est aussi renoncer le plus souvent au “gap year”. Cette traditionnelle année sabatique est pourtant bien vue par la plupart des doyens. Les jeunes, fraîchement diplômés de l'équivalent du lycée, partent sac au dos en Afrique ou en Amérique latine aider les populations locales.
Une année pour découvrir le monde et se confronter aux autres. Un principe certainement élitiste, car tout le monde n'a pas l'idée de partir un an au bout du monde. C'est justement cet élitisme latent qu'ont dénoncé les parlementaires. Pour eux, la réforme des frais d'université va décourager nombre d'étudiants de la classe moyenne, pourtant présentés comme étant les meilleurs. Plusieurs analystes craignent également que le gouvernement ne multiplie, à quelques mois des élections, les réformes en tous sens. Et certains de rappeler que mieux vaut faire peu mais bien que beaucoup mais à moitié.
Sans cela, les universités britanniques, déjà parfois mal en point, sont certainement promises à un futur moins brillant que ne le fut leur passé.
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