Une réalité cruelle

28/12/2002 02:27Bucur Roxana
Après 89, année de la révolution démocratique, la vie des jeunes Roumains a totalement changé, elle est devenue synonyme avec le mot "liberté" et très souvent cette liberté ne signifie que la possibilité d'aller chaque jour à la discothèque, de porter des habits modernes, de coller des photos avec Léonardo di Caprio aux murs de ta chambre ou de parler au professeur de maths comme s'il était ton petit frère, bref de faire tout ce qu'on veut.

La vie des jeunes en Roumanie

Après 89, année de la révolution démocratique, la vie des jeunes Roumains a totalement changé, elle est devenue synonyme avec le mot "liberté" et très souvent cette liberté ne signifie que la possibilité d'aller chaque jour à la discothèque, de porter des habits modernes, de coller des photos avec Léonardo di Caprio aux murs de ta chambre ou de parler au professeur de maths comme s'il était ton petit frère, bref de faire tout ce qu'on veut.

Je me demande parfois si l'on sait vraiment ce qu'on veut. Ah, oui, bien sûr : s'affirmer, être connu, apprécié...et comme c'est plus facile de s'affirmer dans une discothèque que pendant la classe de maths...

Et puis, apprendre très bien, avoir des résultats exceptionnels à l'école, ça c'est déjà quelque chose de vieux jeu...et d'impossible aussi (!) car une fois le temps passé, on a perdu le secret de cette performance en nous, nous aimons les choses nouvelles : les dernières chansons de Backstreet Boys, les films américains, l'ordinateur, nous vivons donc dans le futur, nous n'avons plus de passé, nous n'avons plus d'histoire, nous ne sommes plus les descendants des Daces et des Romains (qui sont-ils ?), nous sommes seulement une génération de sacrifice que personne ne veut pas comprendre, c'est à nous que revient la tâche de faire tout, nous devons même enseigner à nos parents que sur cette terre il y a des fusées et de la technologie moderne grâce à laquelle la vie est plus commode...pour nous, bien sûr, car eux, ils doivent travailler davantage pour que nous puissions nous acheter des ordinateurs, des lecteurs à cassette, des baladeurs et toutes sortes d'autres appareils. Les parents, ils ne savent rien, eux. Mais nous, qu'est-ce que nous savons ? Nous ne nous souvenons même plus qu'un jour froid de décembre, nous avons payé cette liberté et qu'elle a été très chère. Elle nous a coûté la vie de nos amis ou peut-être de nos frères. Est-ce pour ça qu'ils ont lutté ? Pour une vie menée dans la fumée des cigarettes et les vapeurs des bouteilles de whisky ? Je pense qu'ils nous ont laissé à leur place pour continuer à rêver leurs rêves, pour continuer à changer le monde, mais pas en pire. Et c'est pour eux, pour leur idéal que nous devons vivre.
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