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Une lumière dans les ténèbres
26/07/2008 22:15Anabelle BourotteAtlas
Être plus pauvre que pauvre ? C’est malheureusement possible comme nous le prouve très tristement la situation de Mohammed, Fatima et Fatouma, tous trois habitants des montagnes de l’Atlas. La solidarité exceptionnelle des Marocains les aide toutefois à soulager leur détresse.
Les milieux ruraux sont particulièrement touchés par ce type de pauvreté que l’on appellera pauvreté extrême. Certains endroits sont reclus, isolés et coupés de tout. Vivre sans eau, sans électricité, sans matériel de santé, c’est une vie très dure, mais elle peut l’être encore plus : la situation de Mohammed et Fatima, habitants d’un petit village de montagne, le prouve à leurs dépens. Comme beaucoup de personnes dans les milieux ruraux, leur âge leur est inconnu, mais leurs dos courbés prouvent qu’ils ne sont pas de prime jeunesse.
Mohammed est handicapé de naissance, il ne peut donc pas travailler comme les autres. Son travail est de s’occuper des corvées des champs et d’élever les moutons des autres, mais cela ne rapporte que très peu d’argent. Sa femme, Fatima, est handicapée à cause d’une piqûre d’insecte qui l’a rendue complètement invalide il y a cinq ans. Elle commence à remarcher depuis peu, mais a toujours du mal à se déplacer. « Je voudrais que ma main et mon pied puissent bouger », confie-t-elle.
La fatalité s’est de nouveau abattue sur ce couple aimant il y a deux ans : de fortes averses de pluie ont fait s’effondrer leur maison. Ils ont alors tenté de chercher de l’aide auprès de la commune qui, pour seul dédommagement, leur a donné… un sac de ciment ! « Il se fiche de nous, on n’en a pas voulu de leur sac ! » lâche Mohammed, encore dépité. Les habitants du village se sont alors cotisés pour reconstruire la maison et secrètement - « pour ne pas blesser leur fierté », explique un voisin -, ils leur apportent de l’argent pour qu’ils puissent vivre.
Âgée de plus de 70 ans, Fatouma a été gravement blessée lors d’une chute, il y a quatre ans, ce qui lui a laissé de sévères séquelles dans le dos.Les malheurs s’enchaînent quand, un an plus tard, son mari décède et la laisse seule, la vieille femme n’ayant jamais eu d’enfants...
Dans ce même village, Fatouma raconte son histoire, tout aussi poignante. Âgée de plus de 70 ans, elle a été gravement blessée lors d’une chute, il y a quatre ans, ce qui lui a laissé de sévères séquelles dans le dos. « Ce n’était pas facile de m’emmener à l’hôpital, mes blessures ont eu le temps de s’aggraver », explique-t-elle. Les malheurs s’enchaînent quand, un an plus tard, son mari décède et la laisse seule, la vieille femme n’ayant jamais eu d’enfants. L’année suivante, elle perd la vue. La vieille femme est amère : « Avant, j’étais fière… » Elle peut cependant compter sur l’aide de ses voisins qui lui apportent chaque jour de la nourriture et lui tiennent compagnie.
La situation de ces deux familles est misérable et leurs cas ne sont malheureusement pas isolés. Ce quotidien est le lot de milliers d’autres personnes au Maroc. Mais, une chose est sûre, elles peuvent faire confiance à leurs voisins, leurs amis, leurs familles pour qu’ils les soutiennent et prennent soin d’eux, tout en leur laissant fierté et dignité. Telle est la solidarité au Maroc.
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