Une identité qui se cherche

28/12/2002 02:27Caroline

Le système politique roumain est désormais similaire au système français. Le président de la République, élu au suffrage universel direct, nomme un Premier ministre après consultation des principaux partis politiques, en tenant compte de leurs poids respectifs au sein du Parlement. Celui-ci est composé de deux chambres, la Chambre des députés et le Sénat, qui disposent d'une grande influence sur les décisions gouvernementales. On peut noter que chaque minorité ethnique a droit à un représentant au parlement.
Les dernières élections du 26 novembre 2000 ont porté à la tête de l'État le Parti de la Démocratie Sociale (PDS), formation du nouveau président, Ion Iliescu. Le Premier ministre Adrian Nastase, membre du même parti, a formé un gouvernement minoritaire, n'ayant obtenu que 46 % des sièges à la Chambre des députés. Pour empêcher l'arrivée au pouvoir du Parti de la Grande Roumanie (PMR, extrême droite), qui a obtenu 22 % des voix au premier tour et 26,2 % au second, les partis de l'opposition démocratique se sont alliés pour voter la confiance au gouvernement Nastase. L'arrivée du PMR aux affaires aurait en effet remis en cause une éventuelle adhésion de la Roumanie à l'Union européenne.
Après cette dernière alternance droite-gauche, les Roumains ne semblent pas percevoir ces changements comme une forme d'instabilité :
"Je ne vois pas la succession de la droite et de la gauche comme une instabilité politique, c'est la volonté de l'électorat", témoigne Ionel Craciun, ingénieur engagé dans la vie politique de son pays. "Les partis politiques se sont fixé un objectif stable devant les problèmes difficiles. La preuve en est qu'ils se sont tous mis d'accord pour faire barrage à l'extrême droite."
Selon lui, un problème plus concret est l'insuffisance de la décentralisation, donc du manque de pouvoir des collectivités locales. Cela est dû d'après lui à l'histoire d'un pays en reconstruction: face à des provinces issues d'aires géopolitiques très différentes, Bucarest se montre très réticente à diluer une part de son pouvoir.
Aujourd'hui, le pouvoir réel des municipalités ne peut s'exercer qu'en matière de fiscalité locale, d'investissements étrangers et d'infrastructures, le tout en fonction du budget disponible.
Cependant, en dépit d'une tendance générale de la population à vouloir définitivement sortir le pays de la dictature, la confiance accordée aux hommes politiques reste très fragile, comme en témoigne la baisse du taux de participation des Roumains aux dernières élections.
L'ère d'une nouvelle Roumanie, ouverte vers l'Occident et prête à de nombreuses concessions pour intégrer l'Union européenne, tend à s'amorcer.
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