Une école pour intégrer la société

28/11/2008 07:55Harjeet JHANS
Autonomie et intégration sont les priorités de l'école Stephen de Bombay. Cette école créée il y a 50 ans accueille des enfants sourds et muets de 3 à 17 ans qui suivent en anglais le même cursus que celui enseigné à tous les enfants du Maharashtra.
L'enseignement se fait par la pratique orale. L'appareil d'auditif est obligatoire.« L'an passé, six étudiants ont eu leur baccalauréat avec une moyenne de quinze sur vingt et ils ont pu poursuivre un cursus universitaire classique », raconte fièrement le Père Joseph, administrateur sexagénaire du lycée Stephen pour malentendants. « Certains de nos anciens lycéens travaillent dans le domaine de l'informatique aux Etats-Unis », ajoute d'une voix douce l'homme vêtu de blanc. En l'écoutant, on a du mal à croire qu'il parle de lycéens malentendants et aphasiques.

Chaque enseignant compte au maximum sept élèves dans sa classe.Une cinquantaine d'élèves étudie cette année dans ce bâtiment gris au beau milieu d'un quartier populaire du sud de Bombay. A l'origine de cette école pour sourds-muets : un médecin et sa femme. Joe DeSa et sa compagne ont fondé un établissement chez eux en 1957. Puis la confrérie indienne Les Frères Montfort de Saint Gabriel, originaire de France et spécialisée dans l'éducation des sourds-muets, a repris le projet en 1996 pour l'installer dans ses locaux actuels.

Les discussions entre les garçons et les filles sont toujours animées.Des parents mumbaikars aux revenus modestes vienne parfois de banlieues éloignées pour emmener leur enfant handicapé ici. « Nous leur apprenons le cursus normal, en anglais, et nous encourageons l'épanouissement personnel des élèves en faisant de la danse, de la peinture, du dessin… », précise la proviseur, Olivia Moraes.  Ici, les enfants malentendants apprennent à comprendre le monde qui les entoure grâce à une méthode orale. « Nous leur apprenons à lire sur les lèvres et grâce à des appareils auditifs, ils améliorent leur articulation, explique le Père Joseph. Et plus jeunes ils commencent l'apprentissage, mieux c'est !»

Les élèves apprennent uniquement l'anglais. « L'apprentissage d'une langue est déjà très difficile pour eux, et ils détestent la lecture. En revanche, nos élèves sont très bons en informatique », reprend le Père.

Ici comme ailleurs, une fois le cartable rangé, la salle de classe prend une allure de cour de récréation : les petits jouent à cache-cache et poussent les cris de joie en s'échangeant des balles.
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