Une costumière

28/12/2002 02:26Aurélie
Qui pourrait croire que des études d'archéologie l'amèneraient à devenir costumière.

C'est pourtant bien là le parcours de Lise Bernadet, 24 ans, qui, en autodidacte, s'est lancée dans le milieu du théâtre.

Comédienne, passionnée depuis longtemps par le monde du spectacle, Lise Bernadet n'en a pas moins poursuivi une scolarité banale jusqu'au bac S. Mais déjà, elle cousait, créant des vêtements pour elle ou les autres. Cependant, elle s'inscrivit à la fac en archéologie. " Je voulais surtout aller sur le terrain et j'ai été déçue. J'ai réalisé peu à peu que je ne voulais pas passer toute ma vie dans le passé ".
De fait, son orientation va bifurquer. Un ami voit une robe de princesse qu'elle a réalisée et, enthousiaste, lui conseille de devenir costumière. Aussitôt, elle plaque ses études et monte à Paris. Mais ce n'est pas si simple et Lise, après une période de galère, est contrainte de revenir à Dijon. Une bonne surprise l'y attend : on lui propose de s'occuper des costumes pour le spectacle " Cendrillon " de la compagnie 507.
Puis, d'autres commandes suivent, la pièce " Ubu-roi ", un spectacle pour le salon du cheval, des tenues pour des auditions musicales d'élèves, un concert théâtralisé... Lise travaille toute seule du dessin à la réalisation des costumes. " Le plus souvent, je vais aux répétitions pour m'imprégner de l'ambiance de la pièce et voir les comédiens bouger. Certains metteurs en scène me donnent parfois par ailleurs leurs contraintes techniques ou leurs envies de couleurs ou encore de matière. Mais j'ai souvent une grande liberté ".
Pour l'aspect matériel, Lise cherche les tissus dans des magasins spécialisés, mais pioche aussi dans des matières originales comme la toile de jute ou le tuyau d'arrosage. Elle avoue même traîner dans les magasins de bricolage. " Un costume est différent d'un habit. On peut donc aller plus loin et ne pas être " académique ". Lise, perfectionniste, aime le travail bien fait qui lui procure une bonne publicité. " Dans le milieu théâtral dijonnais, les gens se connaissent et les informations passent. Je n'ai jamais fait de pub sur mon travail, tout s'est passé par le bouche à oreille ". Cependant, après une période entre chômage et petits boulots, elle envisage de réaliser son book, autant pour garder une trace de ses créations que pour pouvoir montrer ce qu'elle a déjà fait à des employeurs et dépasser le cercle du bouche à oreille. " La demande est énorme à Dijon car il y a beaucoup de petites compagnies et très peu de costumières. Le problème est plutôt financier car ces compagnies ont peu de moyen ". Pour l'instant Lise ne vit pas de son métier mais elle reste optimiste : " Je n'ai pas de regrets malgré les difficultés. Il fallait que je le tente. Et cette vie un peu décalée, sans train-train, me plaît ! Pas question d'abandonner maintenant ".
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