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Une chance de réinsertion
28/12/2002 02:27Meret
Fondation Rudolf Walther
Ils habitent environ à quinze dans de petits pavillons d'aspect extérieur blafard et monotone, mais pleins de couleurs lorsqu'on passe la porte. Les murs ont été peints par les classes de l'Ecole des Beaux-Arts. Dans les chambres, les lits sont couverts de peluches, les murs blancs sont cachés par les posters... La fondation allemande Rudolf Walther, créée en 1994, reçoit des jeunes de trois à vingt ans qui ne peuvent pas avoir de vie familiale normale parce qu'ils ont été abandonnés, ou parce que leurs parents ne pouvaient pas assumer leur éducation. Ce centre accueille actuellement 176 jeunes, filles et garçons étant séparés. On perçoit immédiatement les différences entre cette fondation subventionnée par des capitaux allemands, où tout est mis en oeuvre pour offrir un séjour agréable à ces pensionnaires (qui pour certains restent ici des années) et les centres roumains aux bâtiments délabrés, où les normes d'hygiène ne sont pas toujours respectées et où aucun effort n'est fait pour intégrer les jeunes dans la société. Les enfants accueillis à la Fondation Rudolf Walther y sont placés par la Direction départementale pour la protection de l'enfant. Seuls sont admis ceux qui ne souffrent pas d'un handicap mental (avant leur entrée, ils subissent un test de QI pour déceler ces éventuelles infirmités) et qui ne sont pas atteints d'une maladie grave comme le sida.Chaque enfant est parrainé par une famille allemande qui finance sa scolarité, son logement...
Cette mesure de protection est temporaire: après six mois, on regarde si l'enfant peut retourner dans sa famille. Mais dans la plupart des cas, ce délai est trop court, et certains d'entre eux restent dans le centre de trois à dix-huit ans.
La Fondation a recueilli beaucoup d'enfants des rues qui n'étaient pas habitués à vivre dans de telles conditions, et qui, pour la plupart, ont rapidement fugué. Aujourd'hui tous bénéficient d'une aide psychologique. Quand ils fuguent, le centre fait appel à la police pour les retrouver. Mais ces recherches restent toutefois difficiles, les jeunes ne possédant pas de papiers d'identité.
Après dix-huit ans, les pensionnaires peuvent être accueillis par un autre centre, étape de transition avant la vie d'adulte indépendant.
Adrian, tout juste majeur, est pensionnaire depuis 1995 à la Fondation car sa mère, divorcée avec trois enfants à charge, ne pouvait plus subvenir à ses besoins. Le jeune homme, qui suit une formation dans l'automobile, entame sa dernière année au centre. "Au début, j'ai eu du mal à m'habituer à la vie de la Fondation, mais maintenant ça va mieux. Je suis bien conscient que je suis privilégié car tous les centres n'ont pas autant de moyens. J'ai par exemple le droit de rendre visite à ma famille quand je veux, mais je préfère rester ici durant les fêtes par exemple. On est plusieurs dans ce cas et on reste tous ensemble. L'année prochaine, j'irai dans un centre pour les jeunes de plus de 18 ans."
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