Un rullotin prend le large

11/12/2006 15:01Camille Gros
Hier la Martinique, aujourd'hui l'Afrique et demain... Vincent, 24 ans, charpentier de marine, oscille entre voyages et bateaux loin de son Rully natal

À 24 ans, Vincent n'est pas de ceux qui laissent passer leur vie sans exploiter les expériences qu'elle leur offre. Il profite, bien au contraire, de ses réussites et de ses échecs pour mieux rebondir.                                                    
Après avoir échoué au baccalauréat génie mécanique, Vincent tente un CAP charpente chez les Compagnons du Devoir de Dijon. Diplôme en poche, il  travaille une année dans une tonnellerie à Mercurey. Mais il ne veut pas s'arrêter là. Attiré par la construction traditionnelle de bateaux, il se tourne alors vers la Bretagne. Il se retrouve élève dans les Ateliers de l'Enfer, centre de formation à la charpente navale de Douarnenez, pendant un an. C'est là qu'il va apprendre son métier. Il s'engage, dans le même temps, auprès des « Charpentiers de grèves », association qui récupère de vieux bateaux pour les remettre en état de naviguer. C'est ainsi qu'il se passionne également pour la voile.
Toutes ces activités autour de la voile et de la Bretagne, lui ont permis de tisser des liens avec les Bretons. Il avoue qu'au début, les relations n'étaient pas évidentes : « lorsque j'entrais dans un café, les conversations s'interrompaient, aujourd'hui la gérante de ce même café m'accueille à bras ouverts ».
À la fin de cette année d'étude, Vincent, qui n'a pas trop d'attaches en France, voyage. Sur un coup de tête, il s'envole pour la Martinique avec seulement sa caisse à outils et une adresse où dormir. Sur l'île, il travaille pendant deux semaines pour une fabrique de catamarans à moteurs pour les touristes. Puis, il se fait embaucher par une entreprise de couverture locale car il cherche des contacts avec la population. . Malgré ce changement d'activité, durant toute une année, il n'a pu établir qu'un seul véritable lien avec un Martiniquais. « Plusieurs fois j'ai voulu revenir en France, mais l'on m'avait dérobé mes papiers à mon arrivée et l'administration a mis plus de 6 mois à m'en refournir », confie Vincent, sarcastique.
Un mois plus tard, il repart pour l'Afrique, le Togo. Là-bas, depuis le 25 novembre, il participe à  des actions humanitaires avec l'ONG Briston. Avec elle, il réaménage un dispensaire, distribue des médicaments, des vaccins et lance une prévention contre le paludisme et le sida.
Dès son retour, prévu aux alentours du 15 février, il partira s'installer en Bretagne pour travailler dans une entreprise de charpente marine traditionnelle et reprendre l'association Charpentiers de Grèves.
 Vincent pourra ainsi continuer de vivre sa passion : la construction navale.

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