Un passé difficile à oublier

28/12/2002 02:27Eddy Petit
La presse roumaine, après avoir subi l'assujettissement dictatorial total de Ceausescu, a été confrontée à d'énormes difficultés d'évolution depuis la Révolution de 89.Si de nombreux droits ont déjà été acquis, la presse s'adapte tant bien que mal à la "liberté" qui lui est offerte.Il reste bien des efforts à faire...

La révolution de 1989 a bouleversé la presse roumaine. Avant cette date, il n'existait qu'un seul journal, totalement contrôlé par le parti communiste de Ceausescu: "Scantela" ("L'Eclat"). Tout le système d'information était infiltré par le Parti : au début de chaque livre on trouvait de la propagande communiste et une photo de Ceausescu. De la même manière, les deux heures de télévision quotidiennes étaient en grande partie consacrées aux faits, gestes et discours du couple Ceausescu.

A la Révolution, la presse, qui avait été tellement bridée et frustrée, a explosé.
En moins de six mois, plus d'une centaine de journaux ont été créés dans le pays, et environ quarante dans la région du Timis.

"La transition ne s'est pas faite sans douleur"

Les anciens journalistes de l'ère communiste ont dû s'adapter. On a suggéré à certains d'entre eux de prendre une retraite anticipée. Pour pourvoir aux postes dans les nouveaux journaux, on a embauché des jeunes qui n'avaient aucune formation et qui ont appris sur le tas.

Aujourd'hui, la liberté d'expression est-elle totale? Pas tout à fait, car les lois n'ont pas évolué aussi vite qu'il aurait été souhaitable. Les attaques en justice pour diffamation ou atteinte au droit à l'image sont assez courantes. En matière de politique, les journalistes doivent rester assez prudents pour éviter les procès. Cela n'est pas sans rappeler une époque passée où pour critiquer un homme politique, ce qui revenait à briser sa carrière, il fallait l'accord du Parti. Certains journalistes un peu trop fougueux sont passés par la case prison ou ont été interdits de publication pour avoir, par exemple, vivement remis en cause l'intégrité d'un juge.

Autre particularité: en Roumanie, ce n'est pas le directeur de publication qui est responsable du contenu des articles. Chaque rédacteur engage sa responsabilité personnelle dans son "papier", comme le précise l'article 206 du Code Pénal: "responsabilitatea juridica pentru continutul apartine autorului. De asemenea, in casul informatiilor furnizate de agentii de presa si al personalitatilor citate, responsabilitatea juridica le apartine" ("La responsabilité juridique appartient à l'auteur. Aussi, s'il y a des agences de presse, la responsabilité juridique leur appartient.") Tout n'est pas rose dans la presse roumaine. Sans doute des difficultés de jeunesse pour une profession, qui, depuis dix ans, a dû s'adapter à un monde totalement différent.

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