Un combattant pour la vie

28/12/2002 02:27Caroline
Au-delà des frontières et des civilisations, des hommes et des femmes luttent chaque jour pour améliorer les conditions de vie et de traitement des personnes atteintes par le virus HIV.Nous avons voulu donner la parole à Adrian Bumb, un jeune Roumain de 21 ans qui s'engage concrètement depuis deux ans, avec des amis, contre la pandémie de sida.

Adrian Bumb, 21 ans, est élève-ingénieur en bâtiment. Cela fait environ deux ans qu'il a décidé avec quelques amis d'aider les enfants porteurs du virus HIV dans les hôpitaux.
Il tente de trouver des sponsors pour créer une fondation à but non lucratif, destinée autour d'un programme éducatif, à éloigner les enfants du stress perpétuel à et leur rendre le droit de vivre leur vie enfance. Entre espoirs et déceptions, Adrian constate les conséquences directes du manque de fonds et de l'insuffisance information de la population.
"Je n'espère rien changer, je veux juste que les enfants puissent vivre pleinement malgré tout. Chacun vit dans l'espoir que l'on découvrira un jour un traitement qui les guérira", explique-t-il. "Je me bats également pour dénoncer le rejet des enfants du système scolaire. Bien que l'Etat ait créé des lois pour protéger l'enfant, les écoles acceptent très difficilement ceux qui sont contaminés. La confidentialité n'est pas respectée", ajoute-t-il.
Selon un sondage réalisé en novembre 2000 par l'Institut Curs sur un échantillon de 1.775 personnes, près de trois Roumains sur quatre craignent les malades du sida.
"La population ne comprend pas que ces enfants ont le droit de vivre et qu'ils ne sont pas respon- sables de leur maladie. Les familles des malades ne veulent pas que l'on découvre leur secret, alors elles s'isolent de la société, abandonnant les plus petits", indique le jeune étudiant.
Selon Adrian, 80% des enfants malades âgés aujourd'hui de dix à quatorze ans, auraient été contaminés entre 1988 et 1991 par des vaccins importés d'autres pays, fabriqués à partir de sérum non contrôlé qui contenait le virus.
Cette thèse, accréditée par de nombreux témoignages, ne peut être démontrée. Mais elle expliquerait pourquoi la moitié des enfants malades du sida en Europe sont roumains.
A l'époque de cette prétendue contamination, une rumeur affirmait que de nombreux enfants avaient été vaccinés par la même seringue, une information formellement démentie par le corps médical roumain. Le mystère n'a donc jamais été véritablement élucidé, que ce soit par les médecins ou l'Etat, alors que des familles totalement saines regardent leurs enfants périr sans en comprendre la raison.
Les hôpitaux ne peuvent que constater leur impuissance grandissante. Le pays, sans argent, est dans l'impossibilité totale d'agir pour améliorer les conditions de traitement des malades. De nombreuses associations ont recherché l'aide d'organisations étrangères pour assurer au minimum un traitement régulier et avoir du matériel suffisant pour permettre aux médecins de travailler convenablement.
Cependant, l'action reste très mineure, car seuls quelques cas disposent de ces aides. D'autres familles se demandent encore si leurs enfants auront la possibilité de manger un peu plus qu'un simple bouillon à leur prochain repas.
En attendant, Adrian et toutes les personnes concernées attendent que la ministre de la Santé, Daniela Bartos, consacre, comme elle l'a promis, six millions de dollars (sept millions d'euros) en 2001 à la lutte contre le sida.
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