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Un colon de la mode
18/08/2008 22:14Thibault CoudrayMarrakech
Claude Vieillard fait partie de ces nombreux Français venus réaliser le rêve américain sous le soleil de Marrakech. Ex-journaliste pour la presse nocturne de Paris, il est désormais rédacteur en chef de deux magazines marocains.
Tout commence en 2000. « À cette époque, je travaillais pour la presse nocturne de Paris [NDLR : magazines gratuits distribués dans les bars, les discothèques], raconte Claude Vieillard, rédacteur en chef de Femmes de Prestige et de Maroc Prestige. Je ne profitais plus de mes journées. Je me suis donc dit : quitte à tout quitter, autant partir à l’étranger. » Le Maroc est alors apparu comme une alternative alléchante : un temps radieux, des perspectives économiques intéressantes… De plus, le pays appartient à la francophonie. « Marrakech est une ville agréable, déclare Claude Vieillard avec enthousiasme. Elle n’est pas très grande, il est facile de se repérer, de se nourrir, de se loger. »
Une fois installé, Claude Vieillard écrit un guide sur Marrakech. « Je me suis tourné vers l’aspect le plus facile, explique-t-il. La ville est extrêmement touristique. » Cinq ans plus tard, il fonde Maroc Prestige, un bimestriel consacré à la décoration. « Nous avions des périodes assez creuses entre chaque parution, avoue le Marrakchi français. L’idée nous est venue de lancer à contretemps un autre bimestriel qui n’entrerait pas en concurrence avec Maroc Prestige. » Ainsi est née la revue féminine Femmes de Prestige.
Importer la mode internationale
Maroc Prestige et Femmes de Prestige sont respectivement tirés à 35 000 et 25 000 exemplaires. « La décoration est un gros marché au Maroc », fait remarquer Claude Vieillard. Maroc Prestige se heurte donc à une sévère concurrence. « Pour nous démarquer, nous avons orienté notre magazine plutôt sur le luxe, décrit le rédacteur en chef. Nous nous adressons à des catégories socioprofessionnelles assez aisées. » Cependant, le public est plus large. « En nous lisant, les gens cherchent surtout des idées qu’ils font imiter par de petits artisans. »
La ligne éditoriale de Femmes de Prestige est la même que celle de son prédécesseur. « La seule véritable différence réside dans l’approche des sujets, souligne Claude Vieillard. Avec ce magazine, nous avons voulu importer la mode européenne. Nous nous distinguons ainsi des magazines féminins traditionnels qui présentent les défilés de caftans. » Cette exportation de l’Occident est permise par l’existence de deux modes au Maroc : la mode internationale extrêmement présente dans les grandes de villes et la mode traditionnelle basée dans les zones plus reculées.
Du luxe, mais à petits prix
Si les deux magazines traitent de produits luxueux, leur prix ne s’en ressent pas pour autant. Femmes de Prestige ne coûte que 15 dirhams (soit moins de 1,50 €). « Notre magazine est financé à 80 % par les annonceurs publicitaires, informe l’expatrié français. Une partie de la revue est d’ailleurs gratuite afin qu’elle attire le lectorat exigé par les annonceurs. Les ventes ne sont qu’un petit plus. » Mais c’est là que le bât blesse : « Au départ, je désirais lancer un magazine pour homme, avoue, rêveur, Claude Vieillard. Mais aucun annonceur n’est prêt à se lancer dans cette aventure, car les hommes marocains s’intéressent peu à la mode. Mais je ne désespère pas de réaliser un jour ce projet. Il faut juste attendre que les mentalités changent.
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