Un Bollywood à contre-courant

07/03/2007 14:40Alexandre Mathis
Dans le grand monde de Bollywood, certains blockbusters sont destinés à battre tous les records. Kabhi Alvida Naa Kenha (traduisez “ ne jamais dire au revoir ”) est de ceux-là, la polémique en plus : il met en scène un amour interdit.

Imaginez Al Pacino, Julia Roberts et Tom Cruise dans une même production, avec le budget de Ocean's Eleven et la durée de Titanic : c'est un peu ce qui a débarqué en août dernier dans les salles indiennes de cinéma. Sans les riches acteurs évoqués plus haut, mais avec leurs équivalents bollywoodiens : de beaux gosses répondant aux doux noms de Shahrukh Khan, Amitabh Bachchan ou encore, côté féminin, les belles Rani Mukherjee et Preity Zinta.
Depuis, la foule se bouscule dans les salles obscures pour assister à un spectacle de près de quatre heures, où finalement il ne se passe pas grand-chose d'intéressant. Niveau réalisation : le style typique de Bollywood, quelques chansons ridiculement chorégraphiées viennent agrémenter une histoire à l'eau de rose jouée façon soap-opéra et où tout le monde chiale pour un oui ou un non.
Malgré le désastre qualitatif de la réalisation, l'œuvre frappe cependant par son scénario : à New York, une star déchue du football rencontre une jolie fille promise à un mariage avec son frère adoptif. L'amour leur tombe dessus, et de là commence un jeu de séduction fulgurant, sulfureux et interdit. Au final, le film prône, selon les Indiens, l'adultère et le divorce, bref, l'amour tel qu'il est vu en Occident. Dans un pays où le mariage, parfois arrangé, est forcément conclu pour la vie, et où le divorce est proscrit, du moins par la tradition, Kabhi Alvida Naa Kenha choque. Pis, on y entraperçoit une scène d'amour où le sexe a lieu hors mariage et dans le dos des conjoints légitimes.
Les associations religieuses et conservatrices s'indignent, tandis que les blogs et autres sites Internet à l'encontre du film se multiplient. Ainsi, dans un pays à la tradition fortement ancrée, un film-choc se targue du plus gros scandale social de l'année en Inde.
L'œuvre n'a cependant pas été interdite, car elle rapporte gros. La loi du marché a battu la tradition, sans scandale.

Commentaires: aucun
Ajouter votre commentaire
Pseudonyme *
eMail * (non publiée)
Titre du commentaire *
Commentaire *
captcha Recopier le code affiché *
* = requis
Propulsé par La rOute du Net
stats