Un ange passe, insaisissable
07/07/2006 14:31Marion Avarguès
Matthew Bellamy est-il humain ? C'est la question qu'on se pose après avoir assisté à un concert de Muse. En avant première de la sortie, le 3 juillet, de leur nouvel album : « Black Holes and Revelations », le trio anglais a clôturé le festival d'une manière magistrale.
Depuis plusieurs jours, ils étaient nombreux, les festivaliers, à déambuler, affublés d'un T-shirt de Muse. Les anglais étaient prévenus, leurs fans étaient présents. On savait donc à quoi s'attendre. Et on a eu encore mieux. Dès les premières notes, la folie, l'hystérie s'est abattue sur la foule. Une poussée, incessante, s'est exercée durant l'intégralité du spectacle. Venue par l'arrière, elle a forcé les vigiles à multiplier les évacuations. Débordés, ces derniers ont eu vraiment du mal à gérer la situation. Pourtant, la musique de Muse est tout sauf violente, mais elle a un impact sur ceux qui l'écoutent, un impact aliénant, et cet impact bannit toute maîtrise de soi.
Matthew Bellamy, durant près d'une heure et demie, a été le guide de cette masse grouillante. Ne dépassant pas le mètre 68, la carrure étriquée et vêtu d'un pantalon à paillettes, il était néanmoins tout sauf ridicule. Il se libérait un sentiment si invraisemblable, si transcendant, si insolite de ce corps chétif, qu'on ne pouvait qu'être fasciné. Dévorant le micro, le cou tendu à rompre, il donnait tant, s'agitant en tout sens, qu'il s'envolait presque. Mais Matthew Bellamy, c'est avant tout une voix. Si forte, si puissante, si lyrique, qu'elle a couvert 30000 personnes d'un seul souffle, exaltée et fracassante. Et, quand il se pliait en quatre avec sa guitare, la giflant avec résolution, on avait l'impression qu'il ne s'appartenait plus. Lorsque tout s'acheva, ce fut dur. Frustrant. On aurait voulu que cela continue, encore et encore. Matthew Bellamy a fait naître une magie, une magie du ciel.
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