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Titof : du cul avec classe
17/05/2004 10:37Hadrien VincentTypo Chalon
Il a commencé le porno* par hasard, accompagnant un ami (Sébastien Barrio) sur un tournage, il remplace un acteur défaillant. Depuis cet acteur bisexuel enchaîne les tournages. Tournant aussi bien pour Marc Dorcel que pour John B. Root ou Blue One, il est l’une des stars françaises du X les plus demandées. Il vient de réaliser son premier film porno ; Ti Touch’ : passage à l’acte.
Typo :
Après un début dans le porno* « par hasard », pourquoi avez-vous décidé de continuer ?
Titof :
Ma première scène, je l'ai plutôt vue comme une expérience, pas du tout dans l'optique de faire une carrière. Mais mon numéro de téléphone a vite tourné. À l'époque j'ai pu rencontrer des filles comme Fauvéa ou Océane, moi je les voyais en vidéo, et tourner avec ces filles là m'intéressait. C'est aussi une vie un peu aventureuse, on voyage, l'argent n'est pas vraiment un problème. C'est tout un ensemble de choses.
Typo :
Vous n'avez pas l'impression de devoir mener un combat, d'avoir une démarche artistique ?
Titof :
Il y a deux types de porno pour moi. L'alimentaire : je vais faire une scène pendant une journée sur un tournage, je ne m'investis pas du tout dans le film, il n'y a aucun apport artistique, ça m'aide juste à me nourrir au quotidien. Mais le deuxième type comme ce que fait John ou Marc Dorcel, là c'est un peu plus classieux, plus créatif.
Typo :
Dernièrement en Californie, deux acteurs ont été contaminés par le VIH ? Avez-vous une sorte de code de conduite personnelle ?
Titof :
Cette situation me fait un peu flipper. Mais bon ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, et vu que l'on fait des tests toutes les trois semaines, cela a été détecté tout de suite. Moi, je tourne essentiellement avec des préservatifs. Il n'y qu'une production avec laquelle je travaille sans, mais on fait trois examens rien que pour le Sida, on fait des prises de sang pour la syphilis, les chlamydias... On est sûr d'être clean.
Typo :
Est-ce que vous n'avez pas de problème d'image dans le métier du fait de votre bisexualité ?
Titof :
Au début oui, j'avais un peu de mal avec les anciens. Tant qu'on ne connaît pas les personnes, il y avait une certaine rancœur : « Qu'est ce qu'il fait ce mec là, il tourne avec des mecs, des filles »... Mais une fois qu'on a appris à se connaître, ça n'a plus posé de problèmes.
Typo :
Vous êtes passé réalisateur pour votre premier film que vous avez choisi de faire entièrement gay. Qu'est ce qui vous a donné l'envie de prendre les commandes d'un tournage ?
Titof :
On dit que je suis réalisateur, ça n'est pas vraiment le cas, j'ai juste voulu mettre en scène mes fantasmes, mes envies. Si j'ai fait un film gay, c'est que sur le marché hétéro il y a des milliers de productions différentes, le public gay est plus attentif aux productions de qualité, j'avais plus de chances que mon produit sorte du lot.
Typo :
Estimez-vous que le porno* soit nécessaire à l'éducation sexuelle des jeunes ?
Titof :
C'est un des problèmes du porno. Il pourrait être éducatif. Il pourrait montrer des choses intéressantes pour les jeunes comme la mise du préservatif et même pour les tests. Il faudrait montrer que les gangs bangs ce n'est pas ce que toutes les filles veulent, que les préliminaires c'est très important, que le désir de la femme fait monter celui de l'homme... Mais le problème c'est qu'en vingt ans il n'y a pas eu d'évolution alors que la sexualité, elle, a changé.
Typo :
Vous ne pensez bien sûr pas que le porno* peut-être dangereux pour la jeunesse ?
Titof :
Le porno en France est marginalisé. L'État au lieu de le casser et essayer de le planter, pour espérer qu'il disparaisse, ce qui a peu de chances d'arriver devrait le soutenir et le réglementer. Quand on fait un film pour Canal +, il y a une charte à respecter : on doit utiliser des préservatifs, ne pas montrer de violence, ni de misogynie : et c'est le porno le plus intéressant. Mais c'est un film par mois. Qu'en est-il des autres vidéos qui n'ont pas ce cahier des charges ? C'est là qu'il y a danger. Je souhaiterais que ce soit un peu plus réglementé. C'est le même porno aujourd'hui qu'il y a vingt ans quand il n'y avait pas le Sida.
* Les films à caractère pornographique sont interdits aux mineurs.
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