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Souvenirs : Il y a quarante ans, le lycée...
31/03/2004 15:45article collectifTypo Auxerre
Marie, Geneviève, Georges et les autres se souviennent de leurs années passées au lycée dans les années 1960. "Une semaine avant d'intégrer l'internat, les grands-mères étaient réquisitionnées pour coudre nos noms et nos étiquettes sur notre trousseau et sur nos vêtements". "L'uniforme était encore de rigueur : jupe plissée bleu marine et béret pour les filles. En hiver, après une note officielle seulement, nous étions autorisées à porter sous notre jupe un pantalon", détaille Marie, 55ans, psychologue.
"Une semaine avant d'intégrer l'internat,
les grands-mères étaient réquisitionnées pour coudre nos noms et nos étiquettes sur notre trousseau et sur nos vêtements". "L'uniforme était encore de rigueur
: jupe plissée bleu marine et béret pour les filles. En hiver, après une note officielle seulement, nous étions autorisées à porter sous notre jupe un pantalon", détaille Marie, 55ans, psychologue.
On étudiait du lundi au samedi après-midi.
Etre en retenue signifiait rester le jeudi après-midi et le samedi et le dimanche.
"Les filles avaient une heure de couture par semaine" affirme Geneviève, 52 ans, agricultrice et les garçons de leur côté une heure de travail manuel. "J'ai encore mon canard en fer forgé fabriqué en quatrième" souligne Georges fièrement. Tous n'accédaient évidemment pas au lycée à l'époque. La sélection se faisait en sixième : lycée ou vie active.
Malgré l'uniforme,
la distinction ruraux-urbains s'opérait tout de même
. Les internes venaient essentiellement des campagnes environnantes. Les enfants de notables auxerrois, eux, parlaient de leurs vacances. Anne, 56 ans, professeur, se souvient : "Quand je suis arrivée en septième à Paul Bert, les autres filles venaient près de moi, me faisait parler et riaient. J'ai mis du temps à comprendre pourquoi. En fait, c'était l'accent de la campagne."
L'internat, que de souvenirs ! Il y avait un peu de bizutage. "Je cirais les chaussures des grands ou je dessinais leurs cartes de géographie. Moi, j'étais bien vu, mon frère était en terminale lorsque j'étais en sixième".
"A Paul Bert, le dortoir était rose. Quand j'étais petite, c'était immense, cinquante élèves y dormaient." A Jacam, "il y avait un WC pour cinquante à soixante garçons." La douche c'était uniquement le jeudi. L'eau y était froide.
La promenade hebdomadaire de dix kilomètres, en groupe, surveillée, ou la leçon de piano ou encore la consultation chez le dentiste étaient les seules possibilités de s'évader de Georges Amyot pour les internes. Marie rajoute : "On nous a quand même emmenées voir exceptionnellement la télévision pour l'attentat de Kennedy". Manque de transport scolaire oblige, il était courant de rester aussi les week-end, aller à la messe à Saint-Germain, le dimanche, permettait d'entrevoir le sexe opposé. "Croiser le regard d'un garçon, ça nous permettait d'y penser toute la semaine" confie Catherine, 56 ans, psychiatre.
La mixité n'était encore qu'un rêve
: les garçons à Jacques Amyot et les filles au lycée Paul Bert. "Nous étions tous collés aux vitres lorsque la sœur d'un copain venait lui rendre visite au parloir" ajoute Georges, 53 ans, agriculteur.
L'internat c'était aussi, les confitures et les gâteaux cachés dans un boîte métallique. Mais c'était aussi l'étude obligatoire : trois heures par soir. "On finissait les devoirs sous l'édredon avec la lampe électrique." Nous ne pouvions pas lire n'importe quoi. Tous les livres extérieurs au lycée devaient être contresignés par la surveillante générale.
Travailler, toujours travailler pour espérer être inscrit au tableau d'honneur
et pour si on était parmi les trois premiers de classe recevoir en récompense lors de la remise des prix au théâtre d'Auxerre les félicitations et un livre des mains de nos maîtres.
"On était jeune, c'était le bon temps".
Article collectif
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