Soudan : Le temps leur est compté

10/12/2004 10:06Marion AvarguèsTypo Chalon sur Saone
Pendant que nous poursuivons tranquillement notre bout de chemin en nous concentrant essentiellement sur existence au détriment de ce qui nous entoure, des milliers d’Hommes originaires du Darfour meurent chaque jour, emportés par la famine et les maladies.

Le Darfour est en guerre depuis plus de vingt ans. En effet, les nomades et les sédentaires ont toujours cohabité avec des tensions d'ordre territorial, sans parler des conflits militaires qui aggravent la situation. Des rébellions prolifèrent dans tout le pays, stimulées par une marginalisation politique et un problème réel de développement, la tare récurrente de l'Afrique. Le passé du Darfour  s'avère assez mouvementé. Pourtant, au XXIème siècle, le semblant d'équilibre qui régnait s'effondre, et la crise s'enflamme.

Guerre civile

Début 2003 : Une guerre civile éclate au sein du pays le plus vaste d'Afrique, ayant pour cause principale une intolérance raciale des Arabes vis à vis des Noirs qui vivent au Darfour, dans la région de l'ouest. Sur l'ordre du gouvernement de Khartoum, la milice soudanaise incarnée par les Janjawids, envahit cette région dans le but de décimer ceux qui foulent sa terre, c'est à dire les Four, les Zaghawas et les Massalits. Pour échapper au massacre, la plupart de ceux-ci fuient, abandonnant tout dans l'espoir de survivre. Quelques 200000 trouvent refuge au Tchad,  tandis que la majorité s'entasse à l'abord des grandes villes dans des huttes sommaires. La malnutrition et la précarité de ce mode de vie ne tardent pas à engendrer l'apparition de diverses maladies. Très vite, elles s'abattent sur cette vague d'errants qui doit vraisemblablement côtoyer le million. Puis, c'est le manque de nourriture qui aggrave la situation. Résultat,  plus de 30000 de victimes.
Pourtant, le Comité International ne semble pas réagir. Forcément, rien ne presse. Pas de pétrole au bout ? Mais où est le gain ?
Sauver des vies ? A quoi bon si l'on ne s'enrichit pas ? L'argent ! L'argent corrupteur qui soudoie n'est pas en possession des Noirs ? A ce compte là, autant ne rien faire. Ainsi donc, pas de récompense  pour appâter l'Occident.
Toutefois, certaines puissances telles que l'Australie ou la Grande Bretagne prévoient de mettre en place leurs forces pour combattre les Arabes soudanais. Mais un déploiement de soldats est-il la première nécessité à commander ?

Les humanitaires sur le terrain

La communauté des humanitaires s'active et réagit pleinement. Prenons l'exemple du Secours Catholique.. Depuis le printemps dernier, il entretient d'étroites relations avec des partenaires soudanais, qui connaissent bien  les besoins et les priorités. « De cette façon, l'aide circule d'une manière plus efficace et pertinente. » précise Nathalie Garcia, membre du Secours Catholique. Elle insiste sur le fait que ces liens sont basés sur des rapports de confiance. « Quand l'actualité délaissera cette crise, ajoute-t-elle, nos partenaires  seront toujours là. L'aide apportée sera donc durable. »
Philippe Morié qui fait également partie du Secours catholique, a passé deux semaines au Tchad dans le cadre de l'aide humanitaire, et nous apporte son point de vue sur les circonstances actuelles : «  Il y a 11 camps de réfugiés dans le pays qui accueillent environ 200000 personnes. J'ai été agréablement surpris de voir que toutes les organisations humanitaires coopèrent et se complètent, chacune ayant un domaine spécifique. Dans l'absolu, pour ceux qui ont fui au Tchad, la survie est assurée. Nous répondons aux besoins de tous et les résultats sont là. Mais cela se fait au détriment des autochtones, ceux qui vivent déjà sur les terres du Tchad. D'une part, l'arrivée de plusieurs milliers de personnes aux abords de petits villages cause de véritables déséquilibres. Cela crée des tensions socioculturelles très fortes. Les réfugiés sont assistés à tous les  niveaux, tandis que la population tchadienne déjà installée ne peut l'être. Les améliorations sont réelles , mais il faut se questionner sur l'évolution de cette crise qui est loin de s'achever.


Voilà déjà dix-huit mois que cette déchéance dure. Incontestablement, il faut agir pour y mettre un terme. Fini les négociations, car chaque jour s'achève la vie de milliers d'enfants Noirs. Il leur faut de l'aide. Un point c'est tout.

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