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Souad Aboulama, une femme volontaire au tableau
18/08/2008 22:20Sonia BargeAzrou
Souad Aboulama travaille depuis 1993 comme institutrice dans une école publique d’Azrou. Malgré toutes les difficultés de la vie marocaine, elle obtient toujours le meilleur de ses très jeunes élèves.
Dans l’une des écoles primaires publiques d’Azrou, la maîtresse des touts petits s’appelle Souad Aboulama. Un visage rond à la peau noire, une voix agréable, un sourire chaleureux constamment aux lèvres, l’institutrice est née dans une grande famille où beaucoup ont aussi choisi le métier d’enseignant. Trente-deux heures par semaine, elle fait face à une classe de vingt-huit enfants de 5 à 6 ans, l’équivalent français du CP.
Ce sont les plus jeunes puisque, comme l’indique Souad, « l’école est obligatoire à partir de 6 ans au Maroc ». « Certains jours, je ne travaille que le matin ; d’autres, l’après-midi en plus. Ici on travaille même le dimanche, à chaque fois 4 à 5 heures par jour », explique-t-elle, comme une évidence.
Les jeunes enfants qui entrent dans sa salle de classe y apprennent écrire et à lire l’arabe, notamment avec des images. « C’est une vraie joie pour moi de les voir terminer l’année en sachant lire », confie Souad avec un grand sourire. « J’ai toujours voulu faire ce métier, se souvient la jeune femme. Par amour pour les jeunes enfants. » L’institutrice a eu son baccalauréat puis a suivi pendant deux ans une formation au métier dans un centre des instituteurs, dans une ville très éloignée du Moyen-Atlas, Safi.
Installée à Azrou depuis 1993, elle a su garder cette même passion pour les plus petits, à qui elle consacre beaucoup d’énergie. « Il y a quelques heures dans l’emploi du temps que l’on laisse pour faire en classe des activités extrascolaires. Cette année, j’ai initié les élèves au théâtre et je dois dire qu’ils s’en sortent bien, surtout les filles. » Elle tient également à maintenir de bonnes relations avec les familles des élèves. « Je rencontre souvent les parents des enfants. Et je fais également partie d’une association de parents d’élèves », indique-t-elle.
Une double journée de travail
Souad est la maîtresse de vingt-huit enfants, mais c’est aussi la maman de deux autres bien à elle : Oussama, son fils aîné de huit ans, et la petite Assia, à peine âgée de cinq ans. La petite famille est alors au complet lorsque son époux, Aziz, quitte son atelier de couture pour regagner la petite maison nichée dans une rue en pente du centre-ville.
En plus de son métier et de son rôle de mère et d’épouse, Souad trouve encore du temps pour se faire plaisir. Elle se rend d’ailleurs plusieurs fois par semaine dans le club de gymnastique de sa sœur cadette. « Le plus difficile pour moi, c’est de trouver le temps à la fois pour mon travail et pour ma famille, lâche-t-elle en haussant les épaules. La mère de mon mari, Aziz, m’aide pour garder mes enfants lorsque je ne suis pas là, mais ça reste assez compliqué. » Il est pourtant nécessaire dans les familles marocaines que les deux parents aient un métier. Cela permet de meilleures conditions de vie, comme la possibilité d’avoir des vacances ou des loisirs. « Sans nos deux emplois, on ne pourrait pas envoyer notre fils aîné dans une école privée qui bénéficie de plus de moyens. » Le jeune garçon profite ainsi de matériel informatique et audiovisuel. « Notre fils étudie l’anglais et il peut faire plusieurs voyages scolaires dans des musées ! » s’exclame son père, qui n’a pas eu cette chance.
Pourtant, le manque de moyens dans son école publique, Souad le compense avec beaucoup de volonté. « Même si c’est un quartier difficile, j’obtiens de bons résultats avec mes élèves, conclut-elle. Et je suis fière d’eux. »
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