SIDA : informer pour faire tomber les tabous
07/03/2007 15:21
L'Inde compterait 5,7 millions de malades du sida, d'après la Société de contrôle du sida de la région de Mumbai (MDACS), un organisme public chargé de la lutte contre le virus, de la prévention et de l'aide aux malades.
En Inde, la maladie reste très taboue, d'où ce slogan qui invite les personnes à « rompre le silence pour lutter contre le sida. » Par la parole, principalement. Dans les écoles de tous niveaux, des intervenants viennent expliquer les risques et comment les éviter, dans le cadre d'une action nommée les « clubs du ruban rouge ».
Des programmes de préventions spécifiques sont destinés aux groupes les plus vulnérables : prostituées, travestis, routiers, homosexuels.
Les membres du MDACS, une organisation fondée en 1986 qui compte des équivalents dans l'ensemble du pays, interviennent jusque dans les maisons closes. Les banques du sang sont également très surveillées, et les tracts recommandent pour cela de ne s'adresser qu'à celles qui dépendent de l'État.
Le problème de la transmission de la maladie de la mère à l'enfant est particulièrement abordé. On estime en effet que 1000 enfants naissent chaque année avec le virus HIV en Inde. Grâce à l'association, les mères séropositives peuvent bénéficier d'un dépistage prénatal, et si elles le souhaitent, avorter dans les délais légaux, avant 20 semaines de grossesse.
Toutes ces actions semblent porter leurs fruits : les mentalités sont en plein changement, on ose davantage parler de la sexualité et des risques qui lui sont liés. Dans les écoles, il est très rare que les responsables refusent les cours d'éducation sexuelle. Les tabous s'effacent devant la nécessité...
À voir sur le sujet : « Mon frère Nikhil », un film d'Onir avec Sanjay Suri (2005).
En 1988 à Goa, Nikhil, champion de natation, est dépisté séropositif. Il est arrêté comme un délinquant, isolé et rejeté par ses parents, qui quittent Goa pour Bombay pour fuir le rejet de leurs concitoyens. Il ne reste à Nikhil, le premier séropositif de Goa, que sa soeur et son ami. Ces derniers vont se battre pour le faire libérer de son isolement et lui redonner ses droits, que garantit la constitution indienne à tout malade, à tout citoyen.
La soeur va se marier, aura un enfant, mais soutiendra jusqu'à la mort son frère. Les parents reviendront aider, soigner, aimer leur fils avant sa fin lente mais certaine.
Nikhil est homo, on le comprend petit à petit. Il a un ami - scènes tendres avec lui le long de la mer, mais pas de baisers - qui le soutiendra jusqu'au bout. Les parents de Nikhil traiteront, à la fin, ce compagnon comme leur propre fils...
Le film est construit comme un reportage : interviews du père, de la mère, de la soeur, du petit ami, de copains de Nikhil, d'un autre nageur rejetant son concurrent... et flash-back... et bien sûr des chansons, de la musique... du grand Bollywood...
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