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Sec et sauf
11/05/2006 10:29Ujjval NANDGAONKAR
Ujjval, employé de bureau dans le sud de Mumbai a vécu les inondations de juillet 2005. Il raconte son expérience de ces trois journées de mousson excessives.
Une chanson indienne commence ainsi « S'il y a un feu, l'eau de la mousson peut l'éteindre, mais, le feu allumé par la mousson, rien ne peut éteindre ..... » Alors qu'en France la pluie inspire l'ennui, la mousson est, en Inde la saison de l'amour. Les rivières et les lacs coulent abondamment, les fermiers sont satisfaits de leurs récoltes, les paons ouvrent leurs plumes en arcs majestueux. Les poètes disent que Krishna, le dieu qui porte une plume de paon dans ses cheveux, danse dans les jardins mythiques de Brindawan avec Radha et les autres gopis (danseurs). Mais, le 26 juillet 2005 à Mumbai, il a tellement plu que situation était tout sauf romantique. Au départ, la journée s'annonçait ordinaire mais quand je passai la deuxième nuit presque tout seul, sur le tapis de mon bureau, sans contact avec le monde extérieur j'ai commencé à avoir une conception différente de la pluie.
D'une matinée pluvieuse à une situation d'urgence
Le matin de 26 juillet 2005 était semblable n'importe quelle matinée de mousson. J'ai même ouvert les fenêtres de mon appartement avant de partir au bureau. Mais, l'après-midi la situation s'est aggravée et les bureaux et les écoles ont commencé à fermer, pour laisser les gens rentrer chez eux. Des collègues m'ont demandé si je voulais rentrer chez moi avec eux, mais j'ai préféré prendre les transports en commun. En apprenant que les rues étaient presque toutes inondées j'ai décidé de faire demi-tour et je suis retourné au bureau. Mes vêtements étaient assez mouilles malgré mon para pluie, mais je ne pouvais pas me changer. Mes habits ont mis presque 4h a sécher, mais j'ai eu du café et de la nourriture afin de me chauffer.
« Les quelques portables qui fonctionnaient étaient la seule source d'information »
Je ne pouvais pas beaucoup travailler car tous les ordinateurs étaient en panne. Quelques heures plus tard, tous les appareils électriques l'étaient aussi. Pour la cinquantaine de personnes restées au bureau comme moi, les quelques portables qui fonctionnaient étaient la seule source d'information. J'ai appelé mes parents et ma sœur pour les rassurer que j'étais sec et sauf. Le soir, les quelques collègues qui avaient réussi à rentrer chez eux nous ont appelé pour nous dire que l'inondation était vraiment grave et que les voitures n'avançaient pas dans les rues. Ils nous conseillaient de ne pas bouger de notre abri pendent la nuit. D'ailleurs les collègues qui m'avait invité à partir avec eux, ont été obligés de la laisser et de marcher dans l'eau jusqu'à taille dans les rues noires avant de s'abriter chez une vague connaissance. A 10 h du soir, on a apporté le dîner d'un restaurant près de bureau, pour 50 personnes. Le toit avait commence à fuir et je craignais pour le tapis qui devait me servir de lit.
Deuxième jour, deuxième tentative
Heureusement quand je me suis réveille le matin suivant, le tapis était encore sec.
L'après midi j'ai vu quelques voitures rouler dans la rue, alors j'ai pris un auto rickshaw jusqu'à la gare centrale, en espérant que les services de trains étaient rétablis. Dix minutes plus tard, j'étais dans le train, mais après environ 10 km de voyage on nous a annoncé que le voyage se terminait ici, en raison de nouvelles inondations.
Je suis alors descendu du train pour tenter de prendre un autre moyen de transport. J'ai attendu le bus en vain pendant une demi-heure, puis les taxis et les rickshaw ont refusé de me ramener chez moi car il y avait des risques de graves inondation dans cette zone. Seule solution : retourner à la gare et reprendre le train en sens inverse pour le bureau et son tapis froid. Cette fois les compartiments étaient vraiment bondés de passagers qui n'avaient pas vu leur maison et leur famille depuis plus de 24 heures.
« Quatre heures après avoir quitté le bureau, j'y retournais »
Tous mes collègues étaient partis, et sauf les agents de sécurité. J'avais faim et j'ai grignoté deux pommes que j'avais gardé. Le tapis étant toujours sec, je m'y suis endormi.
A 5h du matin, en me réveillant le 28 juillet, je me sentais vraiment sale car cela faisait deux jours et deux nuits que je portait les mêmes vêtements. Je ne savais toujours pas dans quel était mon appartement dont les fenêtres étaient restées ouvertes. L'agent de sécurité m'a dit que le service de train sur l'autre chemin fer, côté ouest, était rétabli. J'ai enfin pu rentrer chez moi. Pendant le voyage, j'ai observé qu'il ne restait plus d'eau et que la vie commençait reprenait normalement.
En arrivant chez moi, j'étais heureux d'observer que mon appartement était sec et propre. Alors, je me suis douché, rasé et brossé mes dents pour la première fois depuis trois jours, et je me suis endormi, exténué à 4 h de l'après midi.
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