Sauvegarder les jeunes !

13/07/2006 09:02Paula MarghilomanTypo Roumanie Lux
Le centre éducatif de Lux, situé dans un château et entouré de jardins verts, ressemble plutôt à une résidence des gens aisés qu'à un endroit où les jeunes démunis sont accueillis.

L'établissement fait partie d'une institution qui s'appelle la Sauvegarde 71. Dans cette association il y a plusieurs services : la tutelle, l'assistance éducative, la gestion d'argent, les préventions spécialisées, l'insertion qui aide les adultes à retrouver du travail. L'essentiel de ce service travaille avec des fonds publics et de l'argent qui est redistribué, soit de l'État, soit des départements. « Nous avons un statut privé, mais on est payé par l'état. », affirme le directeur du centre, Christophe Chevalier, en souriant.
La mission de cet établissement est la protection des enfants, parce dans la loi française, tout mineur et jeune majeur doit bénéficier de protection si sa situation l'impose. Il y a trois modes de placement selon l'origine de la difficulté : le cadre pénal, pour ceux qui ont commis des délits ; le cadre civil, où le juge des enfants intervient pour protéger des jeunes en danger, et le dernier, le cadre administratif. Là, il s'agit des jeunes qui ne sont pas encore en danger mais qui, vu les circonstances, peuvent s'y trouver. Les parents donnent leur accord cette fois-ci et on n'a pas besoin d'une décision judiciaire.

Qui cherche qui ?

Le directeur nous clarifie : « Ce n'est pas l'établissement qui cherche les jeunes, il est sollicité. On a ici une procédure d'admission et elle passe toujours par un travailleur social. Ce ne sont pas les parents et les jeunes qui viennent demander une aide, c'est le travailleur social qui présente un dossier sur l'histoire familiale du jeune. Il explique pourquoi ce jeune devrait être séparé de sa famille. Si le jeune a commis trop de délits, ce centre ne peut rien faire pour lui car il a besoin d'un endroit plus sévère. Puis, on organise des rencontres entre les jeunes ses parents et le travailleur social. Cela permet de mieux connaître les jeunes et de leur montrer quelles sont les règles d'ici, les avantages et les inconvénients. »
Il n'existe pas de différences au centre, mais en ce qui concerne les catégories sociales, 2 sur 3 des jeunes proviennent des familles aisées.

Des activités

Les jeunes ont une vie habituelle, mais avec beaucoup de restrictions. Ils doivent être toujours accompagnés par un éducateur. Quelques-unes vont à l'école, avec des interruptions toutefois, comme Maeva, une jolie jeune fille, qui raconte ses activités quotidiennes : « Je fais du sport, j'écoute de la musique, je regarde la télévision, mais je n'aime pas trop ce centre ». On ne peut pas la juger, car si on vit loin de sa famille, même un château ne peut te rendre content.


Une incertitude incontournable

« On n'a pas suffisamment d'éléments objectifs pour voir si la situation des jeunes s'améliore vraiment. Il faudrait qu'à l'admission on fasse bien l'inventaire de toutes les choses qui ne vont pas bien (sur le plan santé, par exemple) et puis, après deux ou trois années, il faudrait reprendre ces aspects et observer leur amélioration. Mais en somme, je pense que la situation des jeunes est plutôt positive. » reconnaît monsieur Chevalier.
Quand les jeunes partent de ce centre, ils ont un travail, un apprentissage, un salaire, un appartement, une voiture, un permis de conduire, donc la sortie d'ici est réussie. Quand même, l'affirmation du monsieur Chevalier reste incontournable « on ne peut pas garantir que, après avoir quitté le centre, la situation des jeunes sera toujours bonne ».

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