« Rêver c'est essentiel, mais il faut garder les pieds sur terre »
19/11/2007 15:38Thibault Coudray
Chantal Banlier, comédienne depuis 45 ans, était présente le 25 octobre à la 12e soirée « courts métrages » de
la Bobine
pour partager son expérience d'actrice dans l'un des films projetés : « Bonbon au poivre ». Elle explique sa vision de ce métier qui la passionne toujours autant.
C'est un métier où l'on a beaucoup de liberté et cela a un prix. On vit dans l'angoisse en attendant que le téléphone sonne. Encore aujourd'hui j'éprouve cette peur. Il est essentiel de rêver, mais il faut absolument garder les pieds sur terre. Même si vous jouez dans un film qui remporte un grand succès ou que vous gagnez une récompense, ce n'est pas pour cela que l'on va vous rappeler ! C'est un métier qui nécessite de faire beaucoup de rencontres. C'est éprouvant, mais j'encourage vivement les jeunes qui voudraient s'engager dans cette voie, car je trouve cette profession magnifique. »
« Si un singe pouvait faire de l'audimat, on le prendrait.
« Le vrai métier de comédien, c'est le théâtre, s'écrie Chantal Banlier. L'année dernière, j'ai joué avec Josiane Balasko à Paris. C'était une expérience formidable ! Je tourne surtout des films ou des courts métrages. Je travaille souvent avec Claude Miller. Je suis notamment présente dans son dernier film « Un secret ». Récemment je viens de jouer dans « Disco » de Fabien Onteniente qui sortira début 2008. Pour « Bonbon au poivre », le réalisateur me connaissait et a écrit le rôle pour moi. Les productrices ne me désiraient pas et elles ont proposé des noms bien plus célèbres. Je me voyais déjà le rôle refusé. 3 jours avant le tournage, Marc Fitousssi, réalisateur, m'a rappelée et m'a dit que c'était moi qu'il voulait pour le personnage. Le tournage a duré 15 jours. Je jouais bénévolement, mais cela m'a beaucoup plu, car il y avait une véritable démarche artistique.
Ce n'est plus du tout le cas de la télévision, s'insurge la comédienne. Désormais ce qui compte, c'est l'audimat !
Si un singe pouvait faire de l'audimat, on le prendrait.
C'est du formatage ! Au moins avec le cinéma on aime ou on n'aime pas, mais ce n'est pas formaté. Honnêtement je préfère faire un court-métrage bénévole plutôt qu'une pub où je suis bien payée. J'ai une anecdote : j'ai une petite fille qui a 12 ans et qui adore les films d'Hitchcock, mais aussi cette série idiote « Plus belle la vie ». Un jour, après avoir regardé Rebecca, elle a dit à son père : '' Tu sais papa, ils jouaient beaucoup mieux les acteurs à cette époque-là !''
».
Commentaires: aucun


