Rencontre avec un luthier

16/11/2006 09:13Typo Auxerre-SensSens
Dans son atelier de Sens, Florentin Perrin fabrique et répare des instruments à corde.

Comment devient-on luthier ?
La première question qui nous est venue à l'esprit a été « Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? ». Ce à quoi Florentin nous a répondu que c'était en suivant son père qu'il s'était rendu compte qu'il voulait vraiment faire ce métier. Alors que son père est diplômé de l'école de Mirecourt, dans les Vosges, lui a fait ses études en Italie, à l'école de Crémone. Quelles sont les principales qualités requises pour être un bon luthier ? Avoir une bonne oreille musicale, une certaine habileté manuelle et beaucoup de patience.

Fabrication et restauration
Ce métier consiste à la fois à fabriquer divers types d'instruments à cordes et à en restaurer. La restauration est une tâche extrêmement difficile, qui demande beaucoup de minutie et de précaution. Plus l'instrument est ancien, plus il faut faire attention. En moyenne, le temps de la réparation peut varier entre trois heures et un mois, celui de la fabrication est beaucoup plus long, entre trois mois et un an.
Lors d'une réparation, une des premières règles à respecter est de ne jamais toucher au bois d'origine ; il faut toujours en ajouter, jamais en enlever. Suite à cela la sonorité de l'instrument sera toujours faussée, en bien ou en mal selon la compétence du luthier.

Secrets d'artisan
Chaque luthier a son petit secret sur le choix du matériau qu'il utilise. Les principaux bois employés sont l'érable, l'épicéa et le sapin. Chacun est sélectionné avec attention parmi les plus précieux, ils doivent être séchés dans des conditions optimales pendant plusieurs années et être ensuite entreposés dans un endroit très sec. Pour une meilleure protection on les recouvre de paraffine pour éviter que le bois n'éclate ou qu'il ne se fende.
La qualité du vernis est importante. Il a un rôle protecteur mais intervient aussi sur les qualités d'émission et sur le timbre de l'instrument. Il a également un rôle esthétique qui peut jouer sur l'apparence de l'instrument : le vieillir ou bien le rendre flambant neuf. La composition du vernis varie d'un luthier à un autre.

Rigueur et passion
Si les luthiers s'inspirent toujours des techniques d'antan, Florentin nous explique qu'il y a toujours une évolution. S'il perpétue la tradition, le luthier fait en sorte à chaque fois de perfectionner l'instrument en lui-même, cherchant constamment à avoir un meilleur rendement au niveau de la sonorité.
Être luthier implique forcément un rapport avec les musiciens. Avoir un bon contact avec la personne qui confie son instrument est très important. Il arrive parfois que même le musicien ne sache pas comment expliquer le problème qu'il a avec son instrument. C'est en discutant et en prenant son temps que l'on peut aboutir à quelque chose.
La lutherie est un métier très rigoureux dans lequel la meilleure façon de se faire reconnaître, mis à par le bouche-à-oreille, est de beaucoup travailler et de savoir saisir sa chance quand elle se présente.
Quoi qu'il en soit, ce métier de luthier est avant tout une passion qui répond à merveille aux aspirations de tous les amoureux de la musique, de l'art et du travail du bois !
Nous remercions François et Florentin Perrin d'avoir eu la gentillesse de nous accorder un peu de leur temps et d'avoir répondu à toutes nos questions.

Adélaïde BEAUDOING-NEGRO et Pauline FROT avec la participation de Mickael THUMEREL


 

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