Elections présidentielles 2012
new_ARTICLE
François Hollande élu Président, les sympathisants fêtent la victoire à St-Rémy
Débat présidentielles 2ème tour : UMP / PS
Sur le terrain
UMP/PS : le débat télévisé de la rédaction.
Emissions spéciales. La course à l'Elysée vue par les jeunes militants.
La campagne en musique
Jean-Luc Mélenchon reprend la Bastille
Meeting de Villepinte : Sarkozy mobilise ses troupes
François Hollande en meeting à Dijon, Territoires et République
Mélenchon réchauffe des salles combles à Villeurbanne.
TypoVision
Les reportages
Typo l'Hebdo, saison 2011-2012
Typo au Castel : les Vaches
Typo l'Hebdo au lycée du Castel (Dijon) - 24 février
Objectif Métiers 2012 - Métier d'Art
Typo l'Hebdo - Spécial Semaine de la presse
Objectif Métiers 2011
Typo l'Hebdo - L'invité du mercredi
Nicéphore Niépce, un destin méconnu
Festival Radioactif - Montceau
Objectif Métiers 2010
Salon des Métiers et de l'Orientation
Festi'jeunes
Transeuropéen
Semaine de la presse et des médias dans l'école au lycée de Tournus
Reportage vidéos
Reportages extramuros
Objectif métiers 2009
C.Génial... la Science en fête...et en concours
Contactez-nous
Rejoindre Typo
Typo au Castel : les Vaches
Le film des photos prises ce 12 avril au Castel - Projet "les vaches"
Le prof d'Arts plastiques, initiateur du projet
Commissaire de l'exposition "Les Vaches !"
Sylvain Aubry, éleveur de bovins
Jean-Pierre Godot, éleveur de bovins
Photographe
Film d'animation
Documentaire
De l'expo au théâtre
Crédit agricole, le partenaire
Mag
Hors série Extra-Muros
Hors Série Envoyé Spécial
Hors Série Edition Première
Typo
Boutique TYPO
Rencontre avec Louis de Broissia
28/12/2002 02:27Eddy Petit
Ancien conseiller régional de Bourgogne puis conseiller général de Côte d’Or, député pendant 10 ans, il est aujourd’hui, maire adjoint de Blagny-sur-Vingeanne, président du Conseil général de Côte d’Or et sénateur...
L
ouis de Broissia, sexagénaire marié avec deux enfants, est un homme plutôt occupé si on regarde ses mandats. Ancien conseiller régional de Bourgogne puis conseiller général de Côte d’Or, député pendant 10 ans, il est aujourd’hui, maire adjoint de Blagny-sur-Vingeanne, village d’une centaine d’habitants, président du Conseil général de Côte d’Or et sénateur élu en septembre 1998. Son entretien avec Typo, prévu pour un quart heure, en durera finalement trois car l’homme a des choses à dire, des idées, peut-être même une profession à défendre ! Alors que la classe politique suscite de plus en plus de rejet et de méfiance, Louis de Broissia incarne t-il autre chose ? L’homme n’est probablement pas un héros sans aucun reproche mais il a le mérite de s’engager pour défendre des convictions et des valeurs. Se bouger pour des idéaux, c’est ça aussi la politique.
Diplômé d’HEC, il a été président du directoire du journal dijonnais Le Bien Public de 1976 à 1996.
«J’ai fortement apprécié ces 23 ans d'expérience professionnelle au Bien Public parce que c’est une implication très forte dans la vie locale»
. Cette longue expérience dans la presse, ce « produit pas comme les autres », lui fut précieuse lorsqu’il était chargé de la presse et de la communication au sein du RPR (jusqu’en 1999). Elle lui sert encore aujourd’hui dans son rôle de rapporteur au Sénat du budget des médias.
«Le principal problème de la presse quotidienne d’information est le manque de lecteurs» analyse-t-il simplement. «Cela ne sert à rien de faire le plus beau journal du monde s’il n’est pas consommé !» L’éducation aux médias dans les écoles, dont il est le grand défenseur, permet selon lui de forger les esprits et les comportements sociaux : «Il faut apprendre la presse, apprendre à manger du journal tout les jours. De la confrontation d’idées, naît l’intelligence». Pour le 21eme siècle, il prédit une information «multimédia, plus ciblée sur nos centres d’intérêt».
L’homme détient plusieurs mandats. Mais attention, le mot «cumul» le fait réagir de suite : «On ne cumule plus les indemnités ! C’est réglementé !» . Il tient à ce qu’il n’y ai pas d’ambiguïté possible : «Bien sûr on est indemnisé, mais heureusement, car c'est dévoreur de temps. On est pris tous les jours, les soirs, le samedi, le dimanche. On sacrifie certaines passions et puis il faut bien mettre de l’essence dans la voiture» .
La motivation ? Il prévient que ça a l’air idiot : «Rendre service ! A un moment, on se prend au jeu, parce qu’on peut être utile aux autres. Et quand on se prend au jeu, on vous confie des missions supplémentaires.» La récompense c’est aussi le sentiment d’avoir fait avancer les choses : «Quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale, tous les correspondants de presse étaient harcelés par le fisc et les organismes sociaux. Un jour j'ai réussi par un amendement, inclus dans un projet de loi qui devait être examiné à deux heures du matin, à leur donner un statut spécifique qui leur permettait en plus de leur métier de gagner trois francs six sous sans devoir tout reverser !» M. de Broissia est très content : «J’ai arrangé la vie de cent cinquante mille personnes. La politique est un engagement prenant mais passionnant.»
Parallèlement, le maire adjoint de Blagny trouve le temps de voyager. Tout d’abord dans son pays natal, le Vietnam : le sénateur français a vu le jour le 1er juin 1943 à Hanoi, en Indochine à l’époque, sur les bords du Fleuve rouge. Il y est retourné à plusieurs reprises pour voir la maison de ses parents et se targue même d’avoir inauguré la première ligne aérienne Paris-Hanoi. «Je suis très attaché au peuple vietnamien par ma naissance». Un attachement qui n’altère pas son objectivité : «C’est un régime peu libéral. Si le Vietnam retrouvait une vraie démocratie, ce pourrait être un des dragons d’Asie». Il aimerait que la France s’implique, prenne position, mais «sans être arrogant, car il faut être exemplaire !» Lui n’hésite pas à fâcher l’ambassadeur du Vietnam en France en adhérant au Comité Français pour la Démocratie au Vietnam.
«Un parlementaire doit témoigner.» Aux voyages d’étude en avion de luxe, il préfère les voyages «plus sportifs», au Liban pendant la guerre, en Roumanie pendant la révolution… «Je suis parti la première fois en Roumanie avec le Bien Public, avec des journalistes. En voiture avec une simple carte, le coffre bourré de café et quelques bouteilles de whisky pour tenir le coup. Nous sommes allés à Cluj, ville jumelée avec Dijon et nous y avons rencontré la célèbre dissidente roumaine Doina Cornea.» Il y est ensuite retourné en tant que parlementaire pour surveiller les élections. «La Roumanie doit faire beaucoup d’efforts, il y a encore trop de drames et les esprits, déformés par 40 ans de dictature, doivent changer. Mais je me demande si nous, nous aurions pu supporter ça !».
M. de Broissia est aussi le président fondateur du groupe d’étude sur le Tibet à l’Assemblée nationale. Créé avec un socialiste alors que tout le monde y était opposé, ce groupe est devenu le plus important au Palais Bourbon, avec plus de deux cent parlementaires. Il a vu son idée reprise par la suite dans les parlements européen, suédois, allemand, britannique, et américain. «J’étais déjà très sensible au drame du peuple tibétain.» C’est alors que Jean-François Deniau, l’aventurier et homme politique, lui présente trois moines tibétains. En 1995, il devient le parrain du XI° Panchen Lama, le plus jeune prisonnier politique du monde. Il rencontre aussi le Dalaï-Lama à plusieurs reprises. Le sénateur de Côte d’Or défend et croit à une diplomatie parlementaire : «Maintenant la Chine sait qu’elle est surveillée. Nous sommes devenu un groupe de pression indispensable. Je n’hésite pas à dire à l’ambassadeur chinois que la colonisation du Tibet est une tache sur l’image de la Chine»
«La démocratie, c’est comme l’air et l’eau, c’est un bien fragile qu’il faut préserver.»
Il faut se battre, même en France. Pas plus que les autres il ne s’attendait au choc du premier tour de la présidentielle. Il n’a rien contre les manifestations auxquelles il a volontiers participés dans le passé
«J’ai beaucoup manifesté, j’ai été matraqué par les CRS. Je continuerai de le faire, de défendre mon droit.»
mais il se méfie des effets contraires. Pour lui, l’arme absolu reste le vote :
«Quand on allait voter, mon père nous disait de ne pas faire d’enfantillage. On ne se défoule pas à des élections !»
Commentaires: aucun




Facebook
Twitter