Relations France - Inde : un point de vue indien

27/02/2008 09:23Harjeet Jhans

Nadir Godrej, grand industriel indien, francophile et francophone a assisté, à New Delhi, au discours du Président Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Inde le 26 janvier 2008. Il nous livre ses impressions sur le président français et sa vision de rapports entre les deux pays.

Petit et toujours souriant, Nadir Godrej est un des deux patrons du grand groupe indien du même nom. Ce conglomérat industriel, pesant 1,3 milliard de dollars, fournit le marché indien en produits chimiques, en soins de beauté, en agroalimentaire, en logiciels, en meubles de bureau, en électroménager, en horlogerie… L’entreprise affirme « toucher la vie de millions d’Indiens chaque jour ». Il est vrai qu’il est quasiment impossible de ne pas consommer Godrej dans la journée en Inde. Le groupe détient aujourd’hui de nombreux brevets.

Nadir Godrej a fait ses études dans les plus prestigieuses universités américaines. Initié à la langue française dès l’école primaire, il cultive un amour pour la France et sa culture. Président de l’alliance française de Bombay, il est passionné de poésie.

Typo Bombay : Comment percevez-vous, en tant que francophone, les relations entre la France et votre pays l’Inde ?

Nadir Godrej : Les rapports entre la France et l’Inde sont bons. Sur le plan économique, il y a des progrès réguliers. De plus en plus d’entreprises indiennes investissent en France, en particulier dans le domaine de l’informatique et de la pharmacie. Mais l’investissement indien en France demeure inférieur à celui réalisé en Angleterre. La France devrait réformer son droit du travail et réduire les taxes afin d’attirer plus d’investisseurs. Le projet de réformes mené par le Président Sarkozy est essentiel pour la France.  Les relations culturelles entre les deux pays sont bonnes et les Alliances françaises contribuent à les améliorer. En mars et avril 2008, l’Alliance de Bombay va proposer de nombreux festivals « à la française ».

Qu’attendiez-vous de la venue du Président ?

C’était une bonne occasion pour le Président français d’observer la croissance rapide de l’Inde. La France a la possibilité d’investir en Inde. Il faut qu’elle en profite, comme l’ont fait, avant elle, les économies américaine et anglaise.

Lors du discours de Nicolas Sarkozy à Delhi, qu’est-ce qui vous a marqué dans sa manière de parler de l’Inde ?

Nicolas Sarkozy a refusé de se servir du discours préparé et a parlé avec son cœur. Il a fait l’éloge de la démocratie indienne et a fait plaisir aux auditeurs en disant que l’Inde mérite de rejoindre le G8* (groupe des 8 pays les plus industrialisés, Ndlr). Il a dit que l’Inde avait également le droit et le devoir d’assumer son rôle en participant aux décisions mondiales et en partageant des responsabilités mondiales. Il a eu droit à une grande ovation et la salle entière s’est levée, bien que tout le monde ne comprenne pas le français.

Qu’aimeriez-vous lui dire ?

Je voudrais lui dire de continuer d’avancer dans sa vision pour la France et de ne pas céder aux oppositions. La France doit évoluer.

Si vous deviez concrétiser un projet culturel franco-indien, quel serait-il ?

Je pense qu’il est nécessaire que des jeunes Français et Indiens étudient chacun dans le pays de l’autre pour améliorer la compréhension mutuelle. La France devrait encourager ce type d’échanges à grande échelle.

Que faire pour que la francophonie prenne une place plus importante dans ce pays anglophone ?

À l’époque où j’étais à l’école, dans les années soixante, on proposait des cours de français. Maintenant, moins d’écoles offrent cette opportunité. À part l’anglais, peu de langues étrangères sont enseignées après l’âge de treize ans. Je pense qu’il serait intéressant, pour la France, qu’elle choisisse quelques écoles, dans des grandes villes indiennes, où le français pourrait être proposé comme une matière aux plus jeunes. Les enfants apprennent les langues sans grande difficulté et avec un peu d’argent on pourrait aider à élargir le groupe des Indiens francophones. Une bourse pourrait être proposée aux meilleurs étudiants pour aller étudier en France. La France en profiterait beaucoup sur le long terme.

Auriez-vous été choqué par la venue de Carla Bruni ?

J’aurais été ravi de voir Carla Bruni. J’ai entendu dire qu’elle est très intelligente et intéressante. L’Inde était prête à accueillir Carla Bruni sous n’importe quel statut si Nicolas Sarkozy voulait venir avec elle. (Nlrd: Carla Bruni et le président se sont mariés le samedi 2 février)

Comment voyez-vous le traitement du Président par la presse indienne ?

N.G. : La presse indienne a été impressionnée par la passion du Président Sarkozy pour l’Inde. Mais ils ont semblé déçus que Carla Bruni ne soit pas venue avec lui au Taj Mahal.

 

Le Groupe des huit (G8) est une coalition de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde : les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, le Canada, et la Russie. Ensemble, les pays du G8 représentent 66,5% de l'économie mondiale.

 

Le Taj Mahal (en hindi ??? ???, qui signifie en arabe le "palais de Mahal" ??? ???) est situé à Âgrâ, au bord de la rivière Yamunâ dans l'État de l'Uttar Pradesh en Inde. C'est un mausolée de marbre blanc construit par l'empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, aussi connue sous le nom de Mumtaz Mahal, qui signifie en persan « la lumière du palais ». Elle meurt le 17 juin 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle allait à la campagne. Elle trouve une première sépulture sur place dans le jardin Zainabad à Burhampur. Suite à sa mort survenue le 31 janvier 1666, son époux fut inhumé auprès d'elle. Le 7 juillet 2007, le célèbre monument a été désigné comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde. (Source Wikipédia)

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