Rachid Sebbahi : « Je suis un homme de radio ! »

09/07/2008 07:15François Perez
Après trente années passées en radio d’État, Rachid Sebbahi a choisi de s’investir dans la radio indépendante. Un nouveau système s’est alors ouvert à lui. Rencontre avec cet « homme de radio », directeur de la programmation de MFM Atlas, radio Marrackchi.

C’est dans un petit studio d’enregistrement, entre les micros, que Rachid Sebbahi, la cinquantaine, passe ses journées et enchaîne les émissions radiophoniques. Mais avant d’en arriver là, ce Marocain né à Rabat, a d’abord dû quitter sa ville natale. « Je suis parti pour Marrakech pour faire de la radio quand j’avais un peu plus de 16 ans, raconte-t-il. J’en fais depuis ma jeunesse. Pendant mes études, je collaborais et présentais déjà des émissions de radio… »

Il commence d’abord en radio d’État puis est promu au poste de directeur, qu’il occupera durant six années. Il annonce alors son « départ volontaire », pour se lancer dans l’aventure de la radio privée. « J’ai choisi la radio privée pour pouvoir décider de la programmation des émissions et pouvoir aborder les thèmes et problèmes que je juge importants à traiter pour mon pays, lance-t-il avec force et convictions. J’aime le Maroc en tant que Maroc, avec ses problèmes. La radio permet en un sens de tout faire pour aider à les résoudre, d’une manière ou d’une autre. »

Une aspiration qu’il entend réaliser à MFM Atlas. « Nous sommes une radio généraliste et de proximité, nous traitons de tous les problèmes qui peuvent toucher les auditeurs : social, culturel… Il existe seulement dix radios privées au Maroc, dont deux à Marrakech. Malgré cela, nous avons une large audience sur cinq provinces marocaines. Nos émissions sont même diffusées à Casa, lors d’émissions dites nationales. »

Cependant, la radio privée implique tout de même quelques contraintes : « Nous avons surtout des investisseurs du domaine publicitaire. Notre principal investisseur est un groupe de publicité nommé « New Publicité » qui finance toutes les radios indépendantes du groupe MFM… Donc, pour promouvoir un peu notre radio, je fais quelques apparitions télévisées, mais je suis avant tout un homme de radio ! », explique M. Sebbahi. Même le directeur d’une radio privée ne peut programmer ou déprogrammer comme il l’entend ses émissions, sauf exception pour les informations…

Et « radio privée » n’est pas non plus synonyme d’absence de comptes à rendre. M. Sebbahi ne peut que le reconnaître : « Nous avons un cahier des charges, dans lequel nous inscrivons le descriptif des émissions prévues à l’antenne, à remplir par rapport à l’État… Ainsi, nous avons tout de même un engagement vis-à-vis du gouvernement. »

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