Quoi d'neuf doc ?

28/12/2002 02:26Propos recueillis par Elodie
Le journal lycéen Typo s’est rendu au 6ème Congrès des documentalistes qui s'est tenu du 15 au 17 mars à Dijon. Une occasion de découvrir une profession en pleine révolution. Ces « garants du patrimoine du savoir » deviennent également des acteurs à part entière dans la formation des élèves...

Rencontre avec Mme Colette Charrier-Ligonat, présidente de la FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l’Education nationale) sur le stand Typo.

Typo : Pourquoi avoir choisi Dijon pour ce 6ème grand rassemblement des documentalistes ?

C.Charrier-Ligonat : Nous avons d’abord choisi l’académie de Dijon - puisque notre fédération est basée sur un réseau académique - car elle a répondu par un projet sérieux à notre appel à la candidature. D’autre part, nous avons joué le bénéfice du réseau privilégié : nous connaissions bien le président académique Gilles Perrin puisqu’il a été membre du bureau national. Il s’est rapidement renseigné sur le soutien institutionnel (rectorat, conseil général…). Enfin, Dijon est stratégiquement bien situé en France et a beaucoup d’atouts culturels avec son Palais des Congrès, son auditorium et un berceau culturel important. Et puis s’est aussi une région gastronomique ne le cachons pas…

T : Mme le Recteur, lors de l’ouverture du Congrès a présenté les documentalistes comme « des enseignants à part entière, et à part ». Que pensez vous de cette définition?

C.C-L : Le mot « à part » rajoute quelque chose de plus, de spécifique. En effet, un enseignant documentaliste a une double compétence : il doit maîtriser à la fois l’information, et l’enseignement de cette maîtrise de l’information. Ils travaillent dans un domaine unique : la science de l’information et de la communication, qui souffre d’ailleurs d’être marginalisée puisqu’elle est naissante. Evidemment, nous nous trouvons à une « croisée de chemin » entre le manager des ressources documentaires et le prof en sources de l’information où , pour le moment, on tente d’effectuer un mariage entre les deux.

Pour la FADBEN, les documentalistes du futur seront des enseignants à part entière avec une spécificité qui sera de former aux compétences informationnelles (analyse de l’information, sélection, contextualisation de l’information, regard critique). Il faudrait pouvoir créer différents « types» de documentalistes , certains s’occupant de la gestion des ressources documentaires, et d’autres plus tournés vers l’enseignement. En ce qui concerne la formation, un CAPES à options serait intéressant car pour l’instant tous les documentalistes ont plus ou moins le même profil, ce qui donne du flou. Mais évidemment, cette formation par spécialité suppose des moyens.

T : Ne pensez vous pas que le développement du multimédia dans l’enseignement risque de déshumaniser le rapport documentaliste-élèves ?

C.C-L : Non, je ne pense pas. Avec les TPE qui ont été développés dans le lycée où je travaille, nous avons pu constater qu’il ne suffit pas de transférer les compétences dans une situation particulière pour que l’élève puisse ensuite se débrouiller tout seul avec les machines en toute circonstance. Il faut également savoir contextualiser, problématiser afin de savoir exploiter la base de donnée. Il ne suffit pas de faire du « copier-coller », il faut avoir un regard critique sur les sources. Avec les TPE, nous sommes en train de faire une première évaluation : nous constatons que les professeurs des différentes disciplines sont démunis puisqu’ils ne maîtrisent pas l’ensemble des réservoirs d’information et l’élève ne sait pas vraiment se servir des moteurs de recherches avec toutes les possibilités de précision qu’ils offrent. Les documentalistes sont donc indispensables pour faire les médiateurs entre l’usager et le savoir.

T : Vous soulignez ici l’importance de savoir problématiser et d’avoir un regard critique. Que pensez vous alors de la presse lycéenne ?

C.C-L : Très bien ! C’est une très bonne initiative, avec la semaine de la presse, l’Arpège, le Clemi… Je pense que toutes ces actions sont des opportunités de développer ces compétences et en même temps de les encrer dans l’actualité. Hélas, je trouve que les enseignants utilisent encore trop peu la presse, ils sont plus rassurés lorsqu’ils valident eux même l’information. Ces projets sont des activités citoyennes fondamentales qui rendent les élèves acteurs. Les documentalistes doivent collaborer à cette presse lycéenne, mais ils ne peuvent pas tout faire : animateur, formateur, professeur… C’est un partenaire privilégié et indispensable qui doit pouvoir organiser des kiosques lors de la semaine de la presse, faire voter des budgets…Il doit être un moteur, mais pas le seul acteur.

Commentaires: aucun
Ajouter votre commentaire
Pseudonyme *
eMail * (non publiée)
Titre du commentaire *
Commentaire *
captcha Recopier le code affiché *
* = requis

TEP Num 2 : zoom sur l'entreprise

TEP Num 1 : Moscou 2010

Envoyé Spécial Palestine

Envoyé Spécial Marine

Extra-Muros La réunion - Mayotte

Extra-Muros Maroc

Extra-Muros Bombay

Extra-Muros déportation

Extra-Muros Hué (Vietnam)

Extra-Muros Mali

Extra-muros France vue du Québec

Extra-Muros Quebec

Extra-Muros Vietnam

Extra-Muros Roumanie

Propulsé par La rOute du Net