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Quand l'avocat devient peintre...!
08/12/2003 09:58Adriana Todea, Raluca Zamfir, 16 ansTypo Roumanie Timisoara
Timişoara,belle ville à l’ouest de la Roumanie est un grand centre universitaire et culturel. Parmi les artistes le plus connus: monsieur Panait Stănescu Bellu, peintre.
Typo: Pourriez-vous vous présentez?
M. Stănescu
: Je m’appelle Panait Stănescu-Bellu et je suis né le 2 mars 1920, à Craiova. Mon métier est celui d’avocat, mais j’ai fait aussi des études artistiques à l’École Populaire d’Art de Timişoara et des études au Musėe du Louvre, à Paris, entre 1969-1986.
Typo: Quelle a été la première impulsion qui vous a déterminé à choisir la voie de la peinture?
M. Stănescu
: Cela se passa en 1954, quand j’ai vu le film "Moulin Rouge" sur Toulouse Lautrec, qui m’a ému et, le jour suivant, j’ai commencé à travailler et, en 6 mois, j’ai reçu un prix national pour une œuvre graphique.
Typo: Comment pouvez-vous décrire votre vie et votre passion en quelques mots ?
M. Stănescu
: Les passions sont plusieurs et la vie c’est un tout dans son ensemble. La passion existe dans la peinture, dans le métier d’avocat, mais je les ai agencées toutes, pour me réaliser moi-même.
Typo: Est-ce que vous avez eu un événement qui a changé ou marqué votre vie ?
M.Stănescu
: Oui, un événement dur. En 1950, comme avocat, je défendais à Cluj un lot d’étudiants arrêtés par les communistes pour des accusations imaginaires. Quand le président du tribunal a anticipé la sentence, je lui ai demandé de se retirer, et à ce moment-là, je voulus partir mais j’ai été arrêté par les organismes de la sécurité (police politique du Parti Communiste Roumain de cette époque-là). Après 3 jours je fus arrêté, des mois de prison, libération, prison, libération... A la fin on m’emporte définitivement à « Ghencea » (lieu de détention) au Pénitencier «Ocnele Mari ». Cela fait totalement 3 ans de détention. Là, en 29 juin 1951, quand j’ai travaillé dans l’atelier de menuiserie, lié en chaîne, brusquement l’axe qui faisait circuler les 7 outillages attrapa mes pantalons; mon pied fut tiré vers la fosse et seulement un miracle fit le courant électrique s’interrompre, et ainsi j’ai été sauvé.
Typo: Avez-vous eu une rencontre avec un grand artiste qui est resté toujours « vivante » dans votre esprit?
M.Stănescu : En 1969, j’ai été invite au « Salon de l'Indépendance » à Paris et j’ai eu l’occasion de rencontrer à Trocadéro le maître Picasso qui avait une exposition personnelle, et moi, j’ai eu une exposition de groupe. Nous avons eu une discussion dans laquelle je lui ai demandé comment il avait fait le passage entre l’art académique et l’expressionnisme au cubisme. Il m’a répondu : « Collègue, celui qui prétend qu’il est artiste plastique, doit savoir dessiner ; j’ai su dessiner et j’ai passé dans toutes les gammes respectives. » J’ai eu aussi l’occasion de connaître George Enescu (un des grands compositeurs et musiciens roumains de tous les temps), en 1943-1944 qui m’a enchanté avec sa musique de chambre ; puis, en 1991.Le 7 avril, aux Pâques, j’ai connu Sa Majesté, le roi Michel de Roumanie (qui a abdiqué en 1947, chassé par les communistes arrivés au pouvoir), qui m’a donné l’emblème de la Maison Royale. J’ai eu aussi l’occasion de recevoir la bénédiction du Papa Jean Paul II.
Typo : Quel est le motif central de vos tableaux ?
M.Stănescu
: La paysage. Je travaille en plein air, je ne suis pas disposé à faire des copies seulement pour des études. J’ai fait une étude au Louvre : le portrait de Rembrandt. Après 10 jours, le directeur du musée voyant le tableau et la ressemblance étonnante avec l’original, a écrit au verso de mon tableau « Fidèle à l’original » ; il a signé et mis le cachet. La création ne signifie pas copier, mais elle signifie des études d'après les grands maîtres.
Typo : Auquel d’autres arts vous vous vouez en même temps que la peinture ?
M. Stănescu
: La poésie. J’ai dit la poésie parce que la poétique est aussi un art, elle est aussi sensibilité et parce que j’ai fait de la poésie dans la peinture, et dans la poésie de la peinture, je peins mes états d’âme. Maintenant je prépare un volume de poésies intitulé « Colière », qui paraîtra en décembre.
Typo : Quelle place occupez-vous dans le monde de la peinture, dans des organisations et quelles autres activités avez-vous ?
M. Stănescu
: En 1971 j’ai été admis comme membre de la société des Artistes Indépendants de Paris, un groupe de « refusés » comme a été Monet, Toulouse Lautrec, Van Gogh et autres grands maîtres. En 1985 je suis devenu membre de l’Académie Européenne ; en 1982 à Nünberg j’ai reçu l’Oscar, le premier Oscar dans l’Europe pour la peinture. J’ai continué mon activité dans le cadre de l’Académie Européenne du Parlement européen. Le titre d’académicien, je l’ai reçu en 1989 à Rome de la part du Prince Otto de Habsbourg, qui, après 10 ans, m’a donné le premier prix de l’Académie européenne et le trophée de la ville de Paris. Les autres prix sont aux noms de différents pays : Le grand prix de l’Italie, La coupe de Norvège, deux coupes du Parlement Européen… totalement 14 trophées. J’ai été apprécié et j’ai été élu académicien "Honoris Causa". J’ai aussi des activités historiques. J’ai fait une série d’investigations en ce qui concerne le buste de Décébal (le roi de Daces, les ancêtres des Roumains, conquis par les Romains en 101-102 et 105-106 ap.J.C.) et puis j’ai publié plusieurs articles sur ce thème. J’ai fait des travaux, chez l'imprimeur, que je veux publier dans le cadre de l’Académie Centrale Européenne. Un autre problème, en travail, c’est la récupération des valeurs d’art de Roumanie : le tableau de « Cranah le vieux » ; Solon présente ses tableaux et le trésor d’or de « Sânicolau Mare » et autres 120 objets et, bien sur, j’insiste a récupérer « La mère-poule et les poulets d’or » c'est à dire le trésor de la Roumanie confisqué injustement par l'Union Soviètique.
Typo : Quels sont vos projets d’avenir ?
M. Stănescu
: Mon avenir? Premièrement mes Mémoires auxquelles je travaille encore, qui apparaîtront en 2005, quand j’aurai mes 85 ans, et en 2005 ma prochaine exposition, aura lieu au musée « Le Château d’Hungaro ».
Typo: Est-ce que votre travail a été suffisamment récompensé ?
M.Stănescu
: Maxim, un grand critique, a dit que les valeurs d’art ne sont pas connues en Roumanie, la majorité sont reconnues et appréciés à l’étranger. Deliu Petroiu (un grand critique d'art roumain), que j’ai connu en 1954 reconnaît la discrimination entre les peintres professionnels et ceux amateurs, et, pour cela, j’ai fondé en 1975 une société personnalité juridique « Romul Ladea». Moi et Deliu Petroiu, nous avons la même opinion en ce qui concerne les discriminations de ce genre : qu’elles ne doivent pas exister, les artistes sont des artistes.
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