Prouesses techniques

26/08/2004 09:42Typo Vietnam
Rendre chaque spectacle possible. C’est le rôle de l’équipe technique du festival. Une tâche complexe entre les aléas climatiques et le retard technologique qui caractérisent le Vietnam. Mais un challenge motivant basé sur une collaboration franco-vietnamienne efficace.

« Les choses ont démarré sur une base de zéro. » François Gilles, directeur technique de la partie française du festival ne pratique pas la langue de bois. « En venant ici, nous faisions un bond technique de vingt ans en arrière », ajoute-t-il avant de préciser qu'il « aime beaucoup ce genre de challenge ». Choisi pour ses « compétences de terrain », il a supervisé les trois éditions du festival. Il sourit en se rappelant ses débuts. « Je suis spécialiste en électricité et je dois dire qu'au départ, j'ai été un peu... surpris... par les conditions de sécurité ! Autant dire que si on appliquait la moindre norme européenne ici il n'y aurait pas de spectacle du tout ! » Mais les techniciens s'arrangent pour prendre « le minimum de risques » et « gagner en fiabilité ». La partie française compte dix membres et n'a qu'un rôle de conseils auprès des cent professionnels vietnamiens. « On ne vient pas pour imposer notre méthode de travail, souligne François Gilles. On coopère avec les Vietnamiens pour faire évoluer leurs propres techniques. » En trois ans, la progression a été constante. Pour l'édition 2004, la ville d'Hanoi a même mis à disposition du festival du matériel tout neuf, comprenant des jeux de lumière haut de gamme et une structure scénique complète. « Ce qui se passe sur le festival a des effets bénéfiques à plus long terme, commente François Gilles. Les techniciens vietnamiens se sentent mieux pour évoluer sur leur marché, ils sont plus efficaces. C'est très positif ! »
Courroies de transmission vietnamiennes
L'expérience est aussi enrichissante pour les Français qui considèrent comme extrêmes les conditions de travail. « On est vite marqués par la fatigue à cause de la chaleur et les conditions climatiques sont parfois à la limite du supportable mais il faut que ça marche dans ces conditions ! C'est un défi ! » S'y ajoutent les problèmes de communication. « Il faut beaucoup de précision dans la traduction et puis on utilise un vocabulaire très spécifique », précise le directeur technique. On préfèrera un ingénieur pas tout à fait bilingue à un professeur de français qui ne maîtrise pas le champ lexical du son. De toute façon, l'équipe d'interprètes des techniciens est reconduite d'une année sur l'autre. C'est le cas de Bui Trung Thanh qui suit l'un des techniciens son pour tout le festival. « J'avais déjà travaillé pour la deuxième édition, aussi la partie française m'a rappelé cette année. C'est vrai que j'ai appris beaucoup de termes précis sur les régies, le son et la lumière la dernière fois. Ca sert ! » Pour ce jeune homme de 25 ans qui voulait enseigner la langue de Molière, être embauché sur le festival permet d'améliorer le quotidien. « Je suis payé 200 000 dôngs par jour, ça va ! », dit-il simplement. Le reste de l'année, il est interprète et guide dans une société à vocation touristique et humanitaire pour un million de dôngs mensuel. « Et bien sûr, être sur le festival me permet de voir tous les spectacles et de rencontrer beaucoup de gens, ajoute-t-il. J'ai aussi un peu l'impression de contribuer à représenter ma ville... » « Les interprètes sont nos courroies de transmission, confirme François Gilles. Sans eux, on ne ferait rien ! »

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