Paris-Bamako-Dakar
05/05/2004 15:32Nicolas BarriquandTypo Mali
Dans sa chanson “ 500 connards sur la ligne de départ ”, Renaud avait fustigé le Paris Dakar, prétexte à un étalage publicitaire au milieu du désert.
Dans sa chanson “ 500 connards sur la ligne de départ ”, Renaud avait fustigé le Paris Dakar, prétexte à un étalage publicitaire au milieu du désert. Au Mali, les habitants ne chantent pas le même refrain que le chanteur au bandana rouge et sont plutôt satisfaits du passage annuel du cortège motorisé. “ Tout le monde se passionne pour la course, s'emporte Rodrigue Kondo, un jeune de Bamako, ils font souvent une étape dans la capitale. ” Cela n'a pas été le cas lors de l'édition 2004 où “ pour des raisons de sécurité ” (bandits du nord du pays), les organisateurs avaient annulé deux étapes traversant le Mali. “ La course amène du monde, observe un commerçant de Bamako, et la caravane du Dakar consomme sur son passage. ” Certains reconnaissent que des efforts sont consentis dans le domaine de l'humanitaire, comme l'installation de puits dans les villages retirés. Et quant aux accidents que peuvent provoquer les véhicules bardés d'autocollants, la plupart des Maliens ne tiennent pas les coureurs pour responsables. “ On est prévenu du passage de la caravane, objecte Bébé, chauffeuse de taxi, les gens n'ont qu'à garder leurs enfants à la maison un jour par an et il n'y aura pas d'accident. ”
L'année prochaine encore, nomades, jeunes citadins et chameaux se tourneront en direction de la traînée de poussière que laisse la caravane occidentale, en se demandant tout de même si les participants de la course leur portent le même intérêt que celui dont ils sont l'objet.
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