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Niger : le long fleuve vivant
05/05/2004 14:35Eloïse DussablyTypo Mali
Sur les rives odorantes du Niger, près de Mopti, toute une population très active vit du fleuve, de ses poissons et de ses bateaux. A quelques mètres des pirogues pour les touristes, les pêcheurs s’activent depuis le petit matin pour faire vivre leur famille. Aux abords du cours d’eau s’enchaînent les villages de bateliers, de constructeurs de pirogues, de pêcheurs et de Touaregs.
S'extirpant de la foule de vendeurs à la sauvette qui longent inlassablement les berges du fleuve, les touristes atteignent les pirogues qui leur sont réservées en partance pour un petit voyage calme et enrichissant. Premier arrêt au milieu du fleuve, un pêcheur lance son filet et salue longuement le piroguier et ses passagers, en expliquant sommairement les techniques de pêche sur le Niger : des filets de nylon et de la patience.
Dans le village des pêcheurs, des monticules de poissons sèchent au soleil sur les rives du fleuve, dégageant une odeur prenante. Près des habitations, une femme qui éviscère les poissons à même le sable semble n'avoir aucun mal à distinguer le comestible du non comestible dans l'amas de chair ainsi formé.
Un peu plus loin sur le fleuve, le travail bat son plein dans le village des constructeurs de pirogues. Il ne leur faut qu'une semaine pour fabriquer une petite pirogue, et jusqu'à quatre semaines pour une grande. Il existe deux types de construction pour les pirogues : avec la première, le fond du bateau est découpé dans une grande planche puis on y rattache les bords et enfin la proue. La seconde technique donne des pirogues plus solides, l'avant et l'arrière sont scellés par des cordages et des tissus. Tous les bateaux, qu'ils soient issus de la première ou de la seconde technique, sont entièrement imbibés de beurre de karité cuit pour les rendre étanches. « Moi, j'ai construit une pirogue qui sert d'école flottante et qui dessert les petits villages du bord du fleuve » affirme fièrement l'un des artisans, en désignant une embarcation sur le fleuve peinte à l'effigie d'une ONG allemande.
Après toutes ces explications, direction le village Touareg. « C'est une famille Touareg qui s'est installée ici, non loin de Mopti, après la sécheresse de 1973. Elle s'est complètement sédentarisée et d'autres familles la rejoignent vers les mois d'avril et mai quand le désert devient trop capricieux » explique le piroguier. Ces Touaregs devenus vendeurs de souvenirs proposent quelques breloques en argent ou en cuir tanné fabriqués par les femmes nomades des familles qui viennent chercher refuge dans leur campement.
Il est temps de rentrer à Mopti : une dernière petite balade en pirogue permettra d'aller à la rencontre de l'un des affluents du Niger, et d'assister, à la lumière du soir, à la toilette des adultes à même le cours d'eau, et à la baignade des enfants batifolant dans les eaux sales du fleuve majestueux.
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