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Nagual : un groupe folk assez original
02/04/2008 13:36Paula Marghiloman
Le 13 mars 2008, le groupe folk biélorusse appelé Nagual est venu à Dijon pour une conférence-débat qui traitait les problèmes de leur pays et pour donner un concert.
Typo : Quelle est la composition du groupe Nagual ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Benjamine Cope : Nagual existe depuis 7 ans, il y a eu presque une trentaine de membres qui ont participé au projet d’ouverture expérimentale et qui ont essayé chacun d’ajouter quelque chose de nouveau avant de partir. Mais en fait, on a une équipe de 4 qui existe depuis un an. Le leader est Leonid Pavlyonok qui joue sur percussion et la flûte, il est surtout rythmique. Puis, c’est sa femme Anaka Shaposhnikova qui joue sur les cymbales et qui chante aussi ; ajoutons Yuri Naumenko à la contrebasse et moi à la clarinette. J’ai rencontré mes partenaires pendant un événement artistique qui avait lieu aux Galeries de Minsk, ils essayaient d’improviser quelque chose sur un thème donné, et moi, ayant sur moi ma clarinette, je les ai rejoints et c’est comme ça qu’on a mis le groupe en marche.
T : D’où vient le nom que vous avez choisi : Nagual ?
B.J. : Nagual vient des écrits de Carlos Castaneda, mystique philosophe sud-américain, le mot signifie « un véhicule qui peut te transporter partout, peut-être pas vite, mais efficace ». Ca peut être une métaphore pour la musique du groupe qui essaye de reprendre des éléments de diverses traditions folks, et essaye notamment de les mettre en mouvement, d’amener les gens qui les écoutent dans un voyage musical à travers les émotions, dans un autre paysage.
T : Pourquoi avoir choisi la musique folk ?
B.J. : Difficile à décrire, moi j’affectionnais beaucoup le terme psycho-folk, maintenant ils proposent qu’il s’agisse du surréalisme ethnique. De toute façon, l’idée est de prendre des instruments des diverses traditions folks – biélorusse, Thaïlandais ou Africains et d’utiliser cette diversité pour créer un folklore contemporain. C’est un genre énergique, tonique, romantique. On chante dans une langue inventée, ce n’est pas une langue à comprendre – ce sont des sons, on utilise même les pots pour créer des impressions. Leonid a commencé ce projet avec des influences musicales très diverses, il a été surtout intéressé par un type de musique qui rassemble un peu au Rock & Roll. Il a passé beaucoup de temps dans la nature et a lié les deux univers. Pour nous, c’est une manière de s’exprimer, quelque chose de naturel.
T : Comment vous menez-vous la promotion de votre musique ?
B.J. : La question est surtout pragmatique, parce que la vie est toujours dure pour les
groupes qui font de la musique alternative. Promouvoir cette musique au-delà de notre pays est vraiment difficile. Nagual est allé en Pologne parce que j’ai habité là-bas, j’ai un réseau d’amis. En ce qui concerne la France, il y a un réseau indépendant de radio, avec des stations locales, dans plusieurs villes qui font une émission sur la musique de l’Europe de l’Est. Ainsi, nous avons eu des concerts à Bordeaux, Limoges, Toulouse et un festival intitulé Musique invisible, à Brest. Un festival… disons… bizarre. (rires)
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