Mohamed, babouche à votre pied !

11/04/2008 09:51Juliette BourriganMarrakech
Mohamed Lafssysse a 24 ans. 24 ans de babouches. Avec sa famille, il produit et revend les célèbres chaussures marocaines, directement à l’intérieur de sa boutique ou à l’exportation. Les touristes sont attirés par sa sympathie et de nombreux Marocains viennent également se chausser chez lui.

La célèbre babouche marocaine, tout cuir, chèvre, mouton voire chameau« Les babouches, c’est une de nos particularités au Maroc. » Personne ne contredira Mohamed Lafssysse, fabricant des fameuses chausses sur mesure à Marrakech depuis 24 ans. Comme il le précise avec une certaine fierté, sa « caravane de babouches » est une « entreprise familiale ». Avec son frère, il s’occupe de la vente : il monnaye et marchande avec les touristes comme avec les Marocains.

Mais, derrière cette échoppe pleine de couleurs, que Mohamed égaie encore un peu plus avec son sourire attachant, c’est dans une petite pièce sombre que l’équipe familiale fabrique différents types de pantoufles marocaines. « Il y a trois manières de faire, explique le spécialiste. La machine, la colle, ou à la main. » Chez Mohamed, on se sert des trois confections différentes. Ce qui change, c’est le temps de fabrication. Si les babouches sont confectionnées à la machine ou à la colle, « c’est pour tout de suite ». Mais si la réalisation est rapide, le résultat ne sera pas à la hauteur pour faire office de soulier d’extérieur.  « C’est seulement pour la maison », confie Mohamed en souriant. A la main, il faut deux jours complets pour réaliser une paire de babouches. La solidité est garantie, mais le temps de travail a un coût : il faudra alors débourser 80 dirhams, « prix Marrakchi ».

Bout pointu, bout rond

Peau de chèvre, de mouton, de vache ou même de chameau… La gamme des célèbres chaussons marocains est complète et c’est avec plaisir que Mohamed la présente. Ce commerçant enjoué vend « pour tous les clients », Marocains ou touristes. « Des commerçants du monde entier » viennent lui demander de produire des babouches, pour les « expédier » à l’étranger. « Si tu amènes le tissu, je te fais des babouches personnelles ! », ajoute Mohamed avec enthousiasme. La photographie accrochée à l’intérieur de sa boutique, d’une de ses clientes située à Marseille et qui lui apporte régulièrement des tissus pour confectionner des souliers originaux, illustre agréablement son propos. Mohamed produit à la demande, une demande qui dépend « du souk, des gens, de la température aussi ».

Mais s’il vend pour tout le monde, ce n’est pas pour autant qu’il oublie la « tradition de la babouche ». Le port de ces chaussures est une coutume primordiale au Maroc. On en distingue deux principaux modèles : les arabes à bout pointu, les plus connues, et les berbères à bout rond.  Lors des fêtes religieuses, « le port du costume traditionnel est obligatoire », et à la djellaba s’ajoutent les indispensables souliers. Marrakech est « la ville de production des babouches ». « On en vend à Casa, mais c’est ici qu’on les produit. On fait toute la distribution ! » exagère Mohamed.  Sa petite entreprise familiale semble alors prendre des allures de firme internationale. 

 

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