Mendicité: une institution?

28/12/2002 02:27Stéphane

Enfants de la rue

La mendicité est un fait de société marginal en France, au plus de quoi occuper les esprits quand les températures deviennent négatives.
En Roumanie, il s'est développé une autre forme de mendicité, beaucoup plus dérangeante pour nos esprits européens: celle des enfants!
Il faut toutefois distinguer deux types de gamins des rues: ceux qui sont envoyés par leurs parents, et les autres, qui sont livrés à eux-mêmes. La différence qui les sépare est mince: ils triment tous toute la journée pour quelques lei. La concurrence est rude, il faut inspirer pitié. Ceux qui ont encore leurs parents sont employés comme des parcmètres, que l'on vient relever chaque soir.
Au détour d'une rue, nous croisons une petite fille demandant la charité. Comme on lui glisse deux mille lei (moins d'un franc), elle commence à raconter son histoire: amputée d'une jambe suite à une collision avec un tramway, elle achète ses bandages grâce à des dons. Voyant l'intérêt que nous lui portons, elle n'hésite pas à "allonger la sauce": sa soeur est à l'hôpital en face, elle souffre d'une grippe. Ses parents viendront ce soir empocher le montant de la journée, elle ne dormira pas dehors.
Les autres gosses n'auront pas cette chance. A Timisoara, on compte une cinquantaine de gamins livrés à eux-mêmes. Ils ont entre dix et vingt ans. La plupart se sont enfuis de chez eux. Ils proviennent de familles éclatées, ont été victimes de mauvais traitements, de l'alcoolisme de leurs parents, d'agressions sexuelles. Ils squattent les endroits stratégiques de la ville en sniffant de la colle, ou plus exactement un mélange de colle et de laque argentée pour métaux. Une défonce bon marché qui brûle les neurones et aide à supporter l'intolérable: pauvreté extrême et hygiène inexistante.
La rue est une jungle où les petits sont exploités par les gros, la survie est difficile. Leur espérance de vie est limitée. La police fait ponctuellement des rafles parmi ces gosses des rues, qu'elle place dans des centres d'accueil. Les centres privés, financés par des capitaux étrangers, leur offrent une structure confortable avec des soins, leurs repas assurés, des vêtements, des lits... Mais tout cela est trop pour ces enfant qui, n'ayant plus leur place dans la société, préfèrent s'enfuir. La rue, malgré la liberté qu'elle leur offre, en a fait des asociaux dont la réinsertion est illusoire.
Commentaires: aucun
Ajouter votre commentaire
Pseudonyme *
eMail * (non publiée)
Titre du commentaire *
Commentaire *
captcha Recopier le code affiché *
* = requis

TEP Num 2 : zoom sur l'entreprise

TEP Num 1 : Moscou 2010

Envoyé Spécial Palestine

Envoyé Spécial Marine

Extra-Muros La réunion - Mayotte

Extra-Muros Maroc

Extra-Muros Bombay

Extra-Muros déportation

Extra-Muros Hué (Vietnam)

Extra-Muros Mali

Extra-muros France vue du Québec

Extra-Muros Quebec

Extra-Muros Vietnam

Extra-Muros Roumanie

Propulsé par La rOute du Net