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Mayotte
L'anachronisme
Mayotte ? C’est où, ça ? Dans l’archipel des Comores ? Elle est où la France là-dedans ? L’arrivée sur le tarmac de Pamandzi confirma mes attentes : en débarquant à Mayotte, c’est un autre pays que je découvre. 25 % des Mahorais parlent la langue de Molière correctement. Et 100 % d’entre eux revendiquent fièrement leur carte d’identité bleu-blanc-rouge. « Nous sommes français avant Nice et la Savoie (Mayotte est française depuis 1841, NDLR.) », « Nous serons un département comme la Lozère ! ». Ces arguments passent en boucle sur les lèvres des politiques locaux. Ils vont bientôt se trouver des liens de parenté avec Vercingétorix. Pourquoi tiennent-ils autant à être français ? Par crainte d'être annexé par l'Union des Comores, qui revendique toujours Mayotte (voir page ??). Si les colons avaient été américains, leur argument aurait été : « Nous appartenons aux États-Unis bien avant le Texas (rattaché en 1845, NDLR.) ! ».
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Leur haine envers les Comoriens m’a frappé tout au long du voyage. Il fallait voir Zaina Méresse, symbole de l’attachement de Mayotte à la France, vociférer contre les Anjouanais ou les Mohéliens « qui n’ont rien à voir avec nous… à part le fait que l’on partage la même langue et la même culture ». Le paradoxe m’a d’autant plus marqué au contact de ces Comoriens clandestins. Mes interlocuteurs maniaient brillamment notre langue et se réclamaient eux aussi de la France. « Je suis français par les valeurs, pas par les papiers », avait crié l’un d’entre eux aux agents de la Police aux frontières. Le décalage m’a longtemps bouleversé. Comment un même peuple – car les Mahorais sont culturellement, géographiquement et historiquement des Comoriens – peut-il s’entretuer à ce point ? En voulant conserver un point stratégique dans le canal du Mozambique (que ne ferait-on pas pour ressasser notre empire colonial ?), la France a semé la pagaille dans l’archipel. D’abord en 1958 (année du refus de l’indépendance par les Comores), puis en 1974 (année du référendum qui ancre Mayotte dans le giron français), en 1995 (année de l’instauration d’un visa pour les ressortissants de l’Union des Comores qui se rendent à Mayotte) et enfin en 2009, en accordant le statut de DOM à un territoire qui ne réclamait que ça. Nombreux sont les Mahorais instruits à douter de la départementalisation. Comment dit-on « lucidité » en swahili ?
Clandestins
01/11/2009 23:56
- Les bannis de la République : rencontre avec ces destins tragiques de clandestins qui viennent Comores
- Un nouveau centre pour 2012 : à deux pas de Pamandzi, le centre de rétention administratif (CRA) actuel
- Moi, Miftahou, clandestin : débarqué à Mayotte d' Anjouan en 2002, il obtient son Bep électronique en 2007 puis son bac...rencontre avec ce jeune clandestin, menacé d'expulsion si il est arrêté par la PAF (La Police Aux Frontières)




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