Maloya, renaissance d'une culture

06/08/2009 13:43Esteban LopezLa Réunion
« Les noirs d'Amérique ont créé le jazz ; les esclaves de la Réunion ont conçu le maloya »

« Les noirs d'Amérique ont créé le jazz ; les esclaves de la Réunion ont conçu le maloya », compare Jean-Pierre La Selve, fondateur du groupe traditionnel Vavangue. Le maloya ? Un chant de complainte. Cette musique populaire, les esclaves l'interprétaient « avec les moyens du bord », continue Jean-Pierre. Elle se joue à l’aide d’un rouleur, une sorte de tamtam, un kayamb, constitué de feuilles de canne à sucre entremêlées et remplies de grains de cascavelle pour reproduire le son des vagues et d'un bobre, un arc musical. Le tout accompagné par des chants. « Jusque dans les années 1980, il était très dur de la jouer. Considérée comme une musique pour rassembler le peuple, à visée révolutionnaire, elle était très mal vue », souligne Jean-Yves Padeau, percussionniste. Depuis, « le maloya est devenu un des éléments indissociables de l'identité culturelle réunionnaise », observe Jean-Pierre La Selve. Aujourd’hui, ses groupes sont légions dans l'île et les radios les diffusant tout autant. « Nous pouvons enfin célébrer le souvenir de nos ancêtres ».

 

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