Mal à ma vie

28/12/2002 02:27Adina Bugescu
En vain je m'efforce à tuer la feuille de papier dans une quête forcenée d'une généralisation quelconque...Je suis le jeune de mon pays : le seul dont j'ai le droit de parler. Car je ne puis en analyser d'autres, ce serait les offusquer.

Je suis la Genèse et l'achèvement, la pureté et la décadence. Je suis la douleur ultime vomie aux tréfonds du caveau. La lâcheté des tombes environnantes m'effraye. Leurs locataires, des guignols faisant leur sieste à l'abri d'une température moyenne. Il n'y a rien qui me dégoûte plus que la paresse de penser ! Ils sommeillent, cadavres inconscients !

Je me nourris d'écritures antiques ou contemporaines, essayant désespérément de m'approprier cet "axe du monde", le sens tant recherché. Tous les auteurs qui l'ont ou ont cru l'avoir découvert ne m'apprennent qu'une chose : je ne pourrai connaître que par moi-même.

Je m'en irai un jour, le vent pour seul compagnon. Je serai un clochard, un vagabond sur le sentier de ce qu'on appelle communément la vie. Travaillant d'un jour à l'autre, je migrerai sur les traces des hommes, en m'engouffrant dans l'abîme de la débauche ou en puisant ma force dans de profondes méditations. Car il faut tout expérimenter, tout sentir et ne reculer devant rien, plonger son corps dans un total dérèglement des sens. Sentir ses entrailles qui explosent, poursuivre le feu intérieur jusqu'à la combustion maximale pour pouvoir ensuite atteindre un niveau supérieur. La mort est la bénédiction de l'âme et la musique est la bénédiction de la mort. Je les accepte les deux, vie et mort, par la musique.

Des pages que je dois apprendre par coeur, que j'oublierai de toute façon, et auxquelles un système d'enseignement déficitaire n'a prévu aucune application pratique, se nourrissent de mon temps.

J'ai découvert Rimbaud, et depuis lors, je suis les pas du poète maudit sur le chemin du gouffre. Il m'appelle quelque part au bout d'une suite de flammes abjectes. Embrasser la totalité, se soûler d'alcool et de vie...purifiée !... guérie... !

Je voudrais salir le blanc des murs avec la furie des lignes vivantes ! Je brise l'ordre et renie la logique ! J'aspire au bleu pour y noyer ce moi divisé en mille masques qui me constituent. Je suis avide d'absolu, du soleil qui rit, rit, rit... et je tourne, tourne et j'embrasse au rythme de l'ivresse. L'être d'à coté me sauve.
Commentaires: aucun
Ajouter votre commentaire
Pseudonyme *
eMail * (non publiée)
Titre du commentaire *
Commentaire *
captcha Recopier le code affiché *
* = requis

TEP Num 2 : zoom sur l'entreprise

TEP Num 1 : Moscou 2010

Envoyé Spécial Palestine

Envoyé Spécial Marine

Extra-Muros La réunion - Mayotte

Extra-Muros Maroc

Extra-Muros Bombay

Extra-Muros déportation

Extra-Muros Hué (Vietnam)

Extra-Muros Mali

Extra-muros France vue du Québec

Extra-Muros Quebec

Extra-Muros Vietnam

Extra-Muros Roumanie

Propulsé par La rOute du Net