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Ma dolce vita roumaine
11/10/2003 17:39Eddy Petit
Nombreux sont les jeunes qui rêvent de partir étudier en Espagne, comme le héros de « L’auberge espagnole » de Cédric Klapisch. La concurrence est rude et les bourses d’études très disputées. Mais pour moi qui voulais partir en Roumanie, pas de problème : j’étais l’unique candidat ! Pas étonnant, au vu...
Avant tout, il faut reconnaître que beaucoup de Roumains ont une vie difficile ! Leurs problèmes ne doivent être niés ni cachés si on veut les solutionner. La pauvreté, la corruption, les problèmes d’intégration de la minorité tzigane en font partie. Cependant ce ne sont que des aspects, les mauvais, d’une réalité plus complexe et si on veut bien y regarder de plus près, dans des proportions certes différentes, on retrouve la même chose chez nous.
Un pays en pleine mutation
Ayant déjà eu l’occasion de visiter la Roumanie auparavant, je peux témoigner des nombreux et rapides changements que connaît ce pays, pressé d’en finir avec les mauvais souvenirs d’une époque maudite. La situation économique n’est certes pas encore au beau fixe. Néanmoins à Timisoara (un pôle économique), on peut trouver absolument tout ce dont on a besoin. Commerces et bars branchés y fleurissent à une vitesse impressionnante.
La culture à portée de tous
On ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure, c’est bien connu. On devrait ! Au risque de surprendre certains, la Roumanie n’est pas un no man’s land sans discothèques, sans bibliothèques ou sans confort. On peut y faire des achats jusque tard dans la soirée, et y accéder à la culture avec une grande facilité : 30 000 lei, soit moins d’un euro, suffisent ici pour un concert de musique classique. De même il faut compter 2 à 3 € pour une place à l’opéra.
Un campus universitaire animé
C’est le bonheur pour les étudiants qui grouillent dans la ville, dont de nombreux étrangers. Lors d’une soirée serbe, avec ses danses effrénées, on peut facilement faire connaissance avec un étudiant nigérien ou même un jeune prince arabe. Il ne faudra pas oublier de briser votre verre par terre !
L’ambiance est donc à la fête, ce qui n’exclut pas les résultats. Dans les cités universitaires, l’ambiance très « squat » fleure bon les chants, la guitare et les discussions jusque tard dans la nuit. En fait, l’étudiant roumain a les mêmes préoccupations que le Français : passer du bon temps avec ses amis. Je me souviens d’ailleurs d’une très belle soirée ou chacun faisait l’effort de ne parler que français pour que je me sente à l’aise.
La beauté de Timisoara ne gâche rien à la fête. Outre ses vastes parcs, la ville recèle de nombreux endroits plein de charme: la Place de la Liberté encadrée par la cathédrale orthodoxe et l’opéra, la petite place de la Liberté, avec ses pavés, ses deux églises, ses immeubles colorés, sa fontaine et ses vieux réverbères. On pourra prendre un café sur les rives du Béga, voir un film au cinéma d’été Capitol…
Trois mois à Timisoara c’est aussi, en vrac, la fête de la bière soit trois jours de concerts gratuits et un festival de cinéma en plein air ; des rencontres inoubliables avec des gens passionnés, comme ce galeriste qui expose chez lui et avec qui nous avons eu - autour d’un verre de tuica, la liqueur de prune locale - des discussions passionnantes sur l’art.
Une génération européenne
Andreea qui étudie la diplomatie à Bucarest, Corina en fac de médecine à Timisoara, Cosmin futur ingénieur ou encore Alexandru, étudiant à Dijon dans la filière Science Po Paris sont comme vous et moi, une génération européenne avec tout ce que ça implique de bien et de mal. Les roumains sont très francophiles et gardent le souvenir d’une amitié historique que, de notre côté, nous avons souvent oubliée !
Tâchons dorénavant de nous serrer la main entre Latins !
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