Lycée : une vision de la jeunesse marocaine

12/04/2008 16:01Juliette BourriganMarrakech
Le lycée public Abou Al Abass Essabti de Marrakech prépare plus de 2000 élèves à l’enseignement supérieur. Entre cours et activités associatives ou sportives, ces étudiants actifs participent à créer une belle image de l’éducation marocaine, malgré certaines difficultés.

la cour du lycée Abou Al Abass Essabti à MarrakechDevant le lycée Abou Al Abass Essabti, de nombreux élèvent attendent chaque jour l’ouverture du portail. Ce vaste établissement public de Marrakech forme en effet 2002 élèves, répartis dans 52 classes et encadrés par 103 professeurs.  Majda Talbi, « professeur de français faisant fonction administrative dans les archives », est toujours présente pour les accueillir avec un grand sourire. Elle parle avec passion du lycée où elle travaille, même si elle déplore les classes « surchargées », comptant jusqu’à 46 élèves. « Les élèves sont toutefois très bien encadrés », tempère Majda. Une véritable hiérarchie administrative, comme celle qu’on connaît en France, facilite la vie des lycéens. « Le proviseur s’occupe de tout, tout, tout ! » explique-t-elle en présentant le bureau du « grand patron » qui œuvre avec son adjoint, le « censeur ». 

Une vie lycéenne rythmée

Les surveillants gèrent les problèmes qui peuvent exister avec les élèves, « mais dans l’ensemble ça se passe bien » affirme l’archiviste. « Ils n’ont pas le droit de fumer, mais ils le font en cachette. Ils vont dans les toilettes ! » raconte-t-elle, plutôt amusée. Les élèves sanctionnés encourent des « arrêts d’études de quelques jours ». Mais avant cela, « ce ne sont que des avertissements », indique l’archiviste, d’un ton maternel.

Comme il n’existe pas de problèmes majeurs, les surveillants adoptent une attitude plus indulgente. « Les bancs ont été construits pour les élèves, pour qu’ils travaillent quand leurs professeurs sont absents », explique Majda, une fois dans la cour. Ces bancs font donc fonction de salles d’études.  Mais lorsque la cloche sonne, les élèves doivent se répartir dans différents blocs, « le bloc scientifique » par exemple. Ces bâtiments sont dirigés par des « surveillants généraux », aussi appelés « répétiteurs ». « Ils aident l’élève à faire ses besognes », selon Majda. Ils s’occupent aussi des absences et des convocations envoyées aux parents.

Les cours se font en arabe et en français. Les élèves désireux de poursuivre leurs études doivent en effet maîtriser parfaitement la langue de Molière. L’apprentissage de la littérature française permet de concrétiser l’apprentissage de cette langue. Entre eux, « c’est l’arabe ! » précise néanmoins Majda. L’instruction islamique fait aussi partie intégrante de l’enseignement. Devant le stade, une petite mosquée permet aux jeunes musulmans de garder un lien avec la religion durant la journée « pour les prières ». «Mais les élèves ne peuvent s’y rendre qu’entre les cours », ajoute logiquement Majda.

Tout le monde peut réussir

Majda Talbi, professeur de français faisant fonction d'"archiviste"Proche des lycéens, elle est fière de présenter ce pour quoi ils s’investissent. En effet, des associations animent la vie lycéenne. Les élèves sont de plus en plus nombreux à devenir adhérents aux clubs santé, environnement et droits de l’homme.  Une association sportive a également été créée, encouragée par la diversité des terrains sportifs appartenant au lycée.

Majda parle d’un niveau scolaire moyen. Mais, qu’ils soient aisés ou démunis, tout est mis en œuvre pour que les étudiants réussissent. Certaines fois, il faut faire attention à ne pas créer de différences. « Ces calendriers à 10 dirhams, je ne les propose qu’aux plus aisés. Certains n’ont même pas 5 dirhams en poche », cite Majda avec tristesse. Mais quelle que soit leur classe sociale, tous les élèves peuvent faire partie de « la crème de la crème » dont parle Majda, celle qui a déjà pu partir en France, en Belgique et aux Etats-Unis. Et cette archiviste très attentionnée est fière d’affirmer que « chaque année des élèves partent en étude supérieure ou préparent d’autres concours ».

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