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Loin... de Dickens
28/12/2002 02:27Margo
Impressions
En Europe de l'Ouest, on réduit la Roumanie à ses Tziganes et ses prostituées. Personne ne songerait à y passer sa lune de miel. Et pourtant, ce pays gagne à être connu, tant les gens y sont accueillants et la vie agréable. La Roumanie souffre d'une mauvaise image car les reportages n'en montrent que les côtés négatifs: orphelinats à la Dickens, trafic de drogue, traite des blanches, rien ne lui est épargné. Et pourtant on aimerait y passer sa vie.Le plus frappant à Timisoara, c'est le peu d'activités touristiques et le manque d'hôtels. Mais la ville n'en est pas moins jolie, au contraire: c'est plutôt inattendu de ne pas se faire agresser par des vendeurs de poteries locales ou de tee-shirts à l'effigie des armes de la ville.
Ce qui est moins agréable quand on s'y promène, ce sont les croix gammées qui s'étalent sur les murs: comme bien souvent en Europe de l'Est, on est passé d'un extrême à l'autre après la chute du bloc soviétique. On aperçoit aussi la faucille et le marteau, reflets d'une certaine nostalgie du communisme. Mais on ne ressent pas ici le fatalisme qui frappe presque tous les pays de l'Est, bien que la situation économique soit alarmante.
Au contraire, les Roumains croient énormément en l'Europe. Pour eux l'avenir ne peut être que meilleur. Même si leur niveau de vie est peu élevé, ils ne se posent pas en victimes et parlent souvent avec humour de l'époque de Ceausescu. Les gens que nous avons rencontrés prenaient beaucoup de recul pour évoquer cette période. On nous a dit que nous avions été objectifs dans nos observations sur la Roumanie, mais nous n'avons fait que rendre cette objectivité que nous avons ressentie partout.
Néanmoins, si la corruption est le nouveau fléau de ce pays, je n'ai pas pu m'en rendre compte. Ce qui est sûr, c'est qu'on y parle encore la langue de bois, même s'il s'agit d'aborder des sujets anodins avec des journalistes en herbe. Mais ceci est un détail: on y retournerait tout de même avec plaisir.
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