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Les « maisons de quartier », levier pour l'intégration
13/07/2006 10:10AndraTypo Roumanie Chalon sur Saône
Typo :
En qui consiste votre travail ?
Benjamin Boland :
Je suis le directeur de l'agence. La maison de quartier du stade n'est pas une association. Elle dépend de la mairie. Nous travaillons avec toutes les tranches d'âge d'un quartier précis. On organise des activités pour les tout petits, les petits, les jeunes et puis les adultes, les mamans, les papas, les personnes âgées. Il y a des activités culturelles, des activités d'animation sociale, des accueils sociaux, c'est très vaste comme champ d'intervention.
Typo :
D'où proviennent les fonds ?
B.B :
80 % des fonds sont des fonds d'état, des fonds de la mairie. Nous avons des subventions spécifiques pour des actions traditionnelles : l'accueil des mamans, le centre de loisirs pour les enfants, toutes les activités qu'on peut retrouver partout dans le même type de structure. Nous recevons aussi des fonds spécifiques, pour des projets particuliers, qui tournent autour de l'histoire de l'immigration, autour des cultures urbaines (le hip-hop, le rap), de l'environnement. Cet argent provient du Fonds d'Actions Sociales, du Conseil Régional et Général et des privés.
Typo :
Que fait l'état français pour les immigrés ?
BB :
L'état français essaie de contrôler son immigration et de piocher des gens qui ont des diplômes.
Typo :
Quelles sont les principales difficultés des immigrés ?
BB :
emploi, le travail, parce que la France, quand elle a fait venir toutes ces populations après la guerre, était à reconstruire. Aujourd'hui les gens ne trouvent pas de travail. Et puis les immigrés souffrent un peu d'un manque de mixité. Quand les gens sont arrivés, on a construit toutes ces cités pour eux. Il y avait une mixité sociale, cela veut dire que tous les immigrés : algériens, espagnols, asiatiques... étaient tous mélangés et puis, au fil des années les immeubles se sont dégradés. Les gens ont quitté ces quartiers, et des groupes ethniques se sont formés. Donc, maintenant, en France, les Magrébins sont avec les Maghrébins, les Africains avec les Africains. En France il y a une ethnisation, il y a un manque de mixité qui fait que les gens se referment un peu.
Typo :
Est-ce que les immigrés sont intégrés en France du point de vue social ?
BB :
De plus en plus, parce que maintenant les parents des enfants qui naissent en France ont été à l'école française. Ils connaissent bien le système. Le problème des gens qui arrivent en France, c'est qu'ils ne connaissent pas la langue, ils ne connaissent pas le système administratif. Les débuts sont très difficiles.
Typo :
Est-ce que vous les considérez comme responsables des émeutes de cet automne en banlieue ?
BB :
Les responsables sont les journalistes, parce qu'ils montrent seulement la partie négative de la France. D'après moi, l'immigration n'a rien à faire avec ces événements. Les gens qui habitent ces banlieues ne sont pas immigrés, ils sont Français, ils sont nés en France, mais ils sont d'origine étrangère. En France, 3 Français sur 4 sont d'origine étrangère. Donc on ne peut pas lier les immigrations aux émeutes parce que ça sera complètement fou. En tout cas, les journalistes ont une très grande part de responsabilité. 40 des articles qui paraissent dans le journal de Chalon sont des articles négatifs.
Typo :
Il y a des immigrés en situation irrégulière. Qui s'occupe d'eux ? Qu'est-ce qu'on fait pour eux ?
BB :
Il y a beaucoup d'associations en France qui s'occupent d'eux, les aident dans les démarches administratives, mais on ne peut pas rester dans une situation irrégulière très longtemps. Par exemple, il y a cette très belle histoire d'une dame malienne qui s'est battue pendant 3 ans pour avoir une carte de séjour, on a fait une pétition dans tout le quartier et après 3 ans elle a réussi à avoir une carte de séjour.
Typo :
On parle beaucoup en France des Tziganes roumains. Est-ce qu'ils sont dans une situation particulière par rapport aux autres immigrés ?
BB :
La France est le pays des stéréotypes, c'est-à-dire qu'on construit des images sur les gens. En France, le tzigane roumain c'est le voleur. On a construit cette image-là, et on la véhicule. Les rapports entre la France et la Roumanie sont, historiquement, très riches. Je ne vous parle pas de ce que je pense moi, mais de ce que pense tout le monde, et c'est vrai que le tzigane roumain a un peu cette réputation en France, le voleur, mais le voleur pas forcément avec de mauvaises intentions, mais le voleur débrouillard. Mais en France, il est vu comme un voleur. C'est ça.
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