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« Les jeunes ne sont pas moins engagés que leurs parents »
15/11/2009 10:35Alexis HontangChalon / mail
Chez les 16-30 ans comme chez les moins jeunes, l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP) et le Parti Socialiste (PS) restent les deux principales mouvances. Mais il serait réducteur de limiter la scène politique à ces deux partis. Certains optent pour les plus « petits » partis, comme Vincent Bocquet, 28 ans, membre des « Jeunes Verts » et trésorier du parti écologique en Champagne-Ardenne.
« Typo : Vous avez adhéré en 2004 aux Verts. Pourquoi cet engagement sur la scène politique ?
Vincent Bocquet : L’engagement politique n’est pas naturel, mais culturel. Nous sommes influencés par notre environnement socio-culturel. Les humains sont des êtres sociaux ! Ainsi, s’engager en politique est nécessaire, utile, mais insuffisant. Il existe une multitude d’autres domaines dans lesquelles l’engagement peut se révéler tout aussi important, comme dans le monde associatif.
T. : Qu’est-ce que vous a apporté cette adhésion ?
V.B. : L’envie de mener des actions décalées qui ont du sens politique et le besoin d’échanger et de se former ensemble m’a aidé à franchir le pas. Aujourd’hui, le fait d’avoir pris une carte chez les Verts m’a permis de prendre conscience de la complexité du monde et de me sensibiliser à certaines thématiques et la formation sur des dossiers que je ne maîtrisais pas ou peu comme l’agriculture biologique ou la non-violence.
T. : Comment se déroule la vie d’une section Jeune Vert ?
V.B. : La norme, c’est une réunion mensuelle où on traite des projets en cours, comme la préparation de la « vélorution » ou d’opérations d’extinction des néons, ainsi que de l’actualité politique. On organise également des conférences-débats sur des thématiques en les abordant à travers le prisme écologique. Par exemple, un sujet comme l’Europe et réfugiés climatiques.
De l’importance de l’école
T. : Comment font les Jeunes Verts pour recruter ?
V.B. : Les réunions du groupe local sont ouvertes aux sympathisants comme aux adhérents. Ça ne sert à rien de presser ou de bousculer les gens, c’est même plutôt contre-productif. Quand les personnes ont envie de concrétiser leur engagement ou de soutenir les actions des Verts, on leur propose d’adhérer. L’adhésion, c’est avant tout la manifestation d’une reconnaissance, que ce soit à un parti politique ou à une association.
T. : Il paraît que l’éducation est primordiale pour mesurer la sensibilité des jeunes par rapport à la politique. Partagez-vous cet avis ?
V.B. : Tout à fait. Si j’ai passé une partie de mon enfance dans le milieu politique de mes parents, c’est grâce aux études, au niveau du lycée et plus encore à la faculté que j’ai pu prendre du recul par rapport au positionnement de mes parents et me forger ma propre pensée. Cela me conforte dans l’idée que l’école a pour objectif, entre autres, de former les citoyens, ou plus exactement de développer l’esprit critique et d’autocritique. D’ailleurs depuis, je n’ai pas arrêté d’évoluer ou de m’intéresser à des idées politiques originales.
T. : Pensez-vous donc que les jeunes sont suffisamment engagés en politique ?
V.B. : Les jeunes ne sont pas moins engagés que leurs parents. C’est l’engagement politique de tous qu’il faut revoir en profondeur, comprendre, par exemple, pourquoi les partis allemands ont, proportionnellement, plus d’adhérents que ceux français (par exemple, le CDU, parti de la chancelière Angela Merkel revendique deux fois de membres que l’UMP : 539 000 contre 228 000). Je pense également que si les jeunes sont peu attirés par le monde politique, ça ne traduit pas un manque d’engagement. L’engagement peut prendre plusieurs formes et se concrétiser dans d’autres domaines. Chacun reste libre de s’engager ou non. Ce qui importe, c’est que la société leur donne les moyens de cet engagement, c’est de savoir comment les jeunes d’aujourd’hui sont préparés au monde qui vient, s’ils sont capables de porter des projets alternatifs. »
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