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Les enfants de la misère
15/12/2009 10:07Ancuta Cosobea Timisoara
En Roumanie, 20 ans après la révolution, chaque année des centaines d’enfants sont encore abandonnés.
L’abandon des enfants est un problème que la Roumanie a depuis longtemps. En 1989 les premières images de ce pays présentaient des enfants de la rue.
Cette dernière décennie, les autorités ont fait quand même des progrès dans le domaine de la protection et des droits des enfants. De nouvelles structures institutionnelles centrales et locales ont été créées, et on a développé des services pour les enfants et les familles en difficulté pour la prévention des situations de risque. La Roumanie continue néanmoins de se confronter à ce problème généré par la pauvreté du pays et plus récemment, par la crise économique.
Des directives ministérielles non respectées
« Séparer l’enfant de sa mère immédiatement après la naissance signifie exposer le petit à une existence où ses besoins de développement sont ignorés. », affirme Mme Stanciu Ruxandra, médecin pédiatre. Mais le phénomène est souvent rencontré. Les effets sont plus graves lorsque l’enfant passe par plusieurs endroits impropres pour son développement, jusqu’à ce qu’on prenne une mesure de protection. Entre 2003-2004, le taux de l’abandon a été estimé à 18 %, ce qui veut dire environ 4 000 enfants par an.
« Plus de moitié des établissements concernés ne respectent pas les obligations du Ministère de la Santé et de l’Autorité Nationale de la Protection de l’enfant et l’Adoption en ce qui concerne l’embauche d’un(e) assistant(e) social(e) et l’inscription de l’enfant sur la liste d’un médecin de famille d’où un état précaire de santé chez les enfants, d’autant plus qu’une partie des enfants abandonnés naît avec un handicap assez grave (cause de leur abandon parfois). », ajoute Mme Stanciu Ruxandra.
Seulement un tiers des enfants abandonnés se retrouve dans une famille - soit celle biologique, soit une d’adoption - après plus d’une année depuis l’abandon.
Les raisons connues de l'abandon
Pour mieux comprendre ce phénomène, il faudrait analyser les caractéristiques des mères ayant abandonné leurs enfants. De cette façon, on peut observer que 28 % avaient moins de 20 ans à la naissance de l’enfant, 42.2 % étaient analphabètes et 27 % n’avaient pas fini le collège. Presque 80 % de ces mères ont un niveau socio-économique très bas et 85 % n’ont pas de revenus sûrs. [sources Unicef, en Roumanie.] « Il faut mentionner aussi que la moitié des mères connaissent les méthodes contraceptives, mais elles ne les utilisent jamais (à cause des prix élevés, de la religion ou de la gêne), explique Mme Stanciu Ruxandra.
Comparés à l’année passée, les cas d’abandon ont crû avec 30 %. La plupart des cas se trouvent dans les milieux ruraux ou dans les familles plus nombreuses qui renoncent à un, deux ou même à tous les enfants.
Corinne, 38 ans, assistante sociale affirme que « si le nombre des enfants augmente encore, les établissements spécialisés resteront sans places et ils n’auront plus la possibilité d’assurer la nourriture ».
Selon Corinne, les causes de l’abandon sont (dans cet ordre) la pauvreté, le niveau bas d’éducation, le manque d’un logis ou les conditions impropres, le manque de l’utilisation des mesures contraceptives, les problèmes de santé de l’enfant ou l’état physique et psychique de la mère.
Les effets sont toujours les mêmes explique-t-elle : augmentation du nombre des enfants de la rue, qui pratiquent la mendicité, la croissance de la délinquance juvénile et un taux de consommateurs de drogue plus élevé, de grands coûts matériels et humains afin de prendre en charge les enfants.
Ces dernières années ont été secouées par des scandales dus au manque d’assistants maternels : ceux-ci sont insuffisamment préparés et moins contrôlés (tests psychologiques, etc.) avant d’avoir un enfant à la charge. D’où quelques cas de décès de l’enfant à cause de leur négligence ou de troubles psychiques. Ainsi un enfant tsigane de 4 ans a été tué l’année passée par l’assistante maternelle qui souffrait d’une phobie : elle ne supportait pas les Tsiganes.
Comment arrêter cet abandon ? Quelles seraient les solutions ?
Les opinions diffèrent : « dérouler plus de programmes informatifs dans les médias » (déclare une journaliste), « éduquer plus les futures mères, dérouler un véritable programme d’éducation sexuelle dans les écoles » - affirme une professeure. Mais l’opinion publique en général considère que la croissance économique, un niveau de vie plus décent pourrait améliorer cette situation également.
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