Les Bozos, peuple de l'eau
05/05/2004 15:20Marion GuillotteauTypo Mali
Dans un village à proximité de Dossola, les rayons du soleil frappent les rives du lac artificiel de Sélingué, où s'activent hommes, femmes et enfants. Les gamins jouent et traînent un peu partout tandis que leurs mamans, de l'eau jusqu'aux genoux, continuent leurs interminables vaisselles de récipients en plastique coloré. Dans ce décor idyllique où tout semble être à sa place, les hommes se chargent du plus important moyen de subsistance de la population : la pêche. Il faut dire que chez les Bozos, c'est plus qu'un métier...
Dans un village à proximité de Dossola, les rayons du soleil frappent les rives du lac artificiel de Sélingué, où s'activent hommes, femmes et enfants. Les gamins jouent et traînent un peu partout tandis que leurs mamans, de l'eau jusqu'aux genoux, continuent leurs interminables vaisselles de récipients en plastique coloré. Dans ce décor idyllique où tout semble être à sa place, les hommes se chargent du plus important moyen de subsistance de la population : la pêche. Il faut dire que chez les Bozos, c'est plus qu'un métier...
Les écailles des poissons argentés s'accrochent dans les mailles du filet mais les doigts experts des deux pêcheurs les extirpent puis les rejettent à l'arrière de la pirogue. « Ces filets-là, on les achète au marché mais les pêcheurs les retressent pour les adapter à chaque espèce de poisson, » explique Komâ Dèbitô, le président des pêcheurs, qui inspecte avec attention le produit de la pêche au retour des pirogues. Au côté des filets s'amoncellent, à même la terre, des hameçons et des nasses, ces grandes cages arrondies au sommet, dans lesquelles les hommes déposent du son pour appâter les plus gros poissons.
A l'origine peuple noble appartenant à l'empire du Ghana, les Bozos furent condamnés à l'émigration lors de sa chute (au XIIIe siècle de l'ère chrétienne), et ainsi relégués à une caste inférieure. Poussés dans leur errance sur les bords du Niger, les Bozos, dont l'idiome est aujourd'hui une des treize langues nationales maliennes, ont ensuite amélioré leurs techniques de pêche et acquis le quasi-monopole de la batellerie. Ce qui leur a valu d'être reconnus, par les autres ethnies, comme des maîtres de l'eau.
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