Les amoureux de Casa

30/05/2008 08:53Alexis Hontang

À l’ombre des Twin Center, deux monstres d’acier et de verre s’élevant à plus de 115 mètres dans le ciel casablancais, la vie d’un petit couple de Français de 33 ans bat son plein. Architectes tous les deux, Laure Augereau et Luc Brochard ont trouvé en Casablanca l’insomniaque, un nid douillet idéal pour le travail et… l’amour.

Luc Brochard« Après mes études, je suis parti pour un stage de six mois à Casablanca, explique Luc Brochard, lunettes remontées sur un crâne reluisant. Quand je suis rentré en France, j’avais très envie de retourner à Casa. Nous sommes restés un an en France, histoire de faire des économies puis nous sommes partis à l’aventure ! ».

Avec sa compagne, Laure Augereau, cet architecte a donc choisi de quitter la douceur des rives de la Loire à Nantes pour s’installer dans l’atmosphère étouffante - un sacré mélange de pollution et de chaleur - de Casablanca. Laure, dans l’attente d’un heureux événement, est, elle aussi, tombée amoureuse de la tentaculaire métropole : « Casa, c’est un peu la ville des pouvoirs. À côté du boulot, nous avons aussi plein de projets en tête, alors que je pense qu’en France, on serait vite tombé dans la routine. En plus, architecturalement, cette ville est un délice ! »

Le rêve américain

Laure Augereau, originaire de Nantes.Le brouhaha de klaxons sur l’avenue Mohammed Zerktouni en arrière-fond, Luc Brochard estime que « Casa est une ville où tout va très vite. Par exemple, j’ai en charge six dossiers, alors qu’en France, c’est un ou deux à peine ». Le problème de la langue résolu- les affaires se font en français -, des projets des quatre coins du Maroc se multiplient sur les étagères d’un vaste bureau où se côtoient le papier peint et d’énormes plans : hôtels à Marrakech, stations touristiques à Agadir sans oublier résidences à Casablanca ou encore création d’une ville nouvelle à côté de Rabat et d’un musée à Meknès.

Cependant, la vie en rose peut vite virer au noir : en mai 2003, à quelques centaines de mètres de là, vers la Place des Nations Unies, une série d’attentats faisait 45 victimes et plus de 100 blessés. « Casa reste très sûre. Il y a du monde partout, des gardiens dans chaque immeuble, assure pourtant aujourd’hui notre architecte de 33 ans. Il y a eu des nuits, vers 23 heures - une heure du matin, où je faisais une heure de marche pour rentrer. Il ne m’est rien arrivé. »

Si un couple de Français a réussi à se frayer un chemin dans la forêt blanche des immeubles, l’esprit en effervescence de Casablanca n’y est pas pour rien. Et Laure Augereau de conclure : « Casa, c’est le rêve américain ! »

 

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