Le "musée du village": voyage au coeur de la tradition
28/12/2002 02:27Cécile B
Aux portes de Timisoara, dans un joli parc arboré, un écomusée reconstitue un village traditionnel roumain: chaque bâtiment a été démonté puis rebâti sur place, afin que les visiteurs, d'un seul regard, puissent embrasser le passé.
Au coeur du village, une petite église, une mairie, une école, une salle des fêtes, et une taverne. L'école est composée de deux pièces: la salle de classe recevait peu d'enfants, car la plupart, faute d'argent, travaillaient aux champs et ne pouvaient être scolarisés. L'instituteur vivait seul dans la seconde pièce qui lui servait de séjour, de cuisine et de chambre. À côté, la salle des fêtes, une pièce assez grande, a un plafond de bois en coque de bateau. Avec sa scène et sa mezzanine, elle ressemble à un minuscule théâtre, où les fêtes et spectacles populaires battaient leur plein.
Un peu plus loin, la petite église orthodoxe est entièrement construite en bois jusqu'au clocher. Après quelques marches, on arrive dans une pièce à peine éclairée, divisée en trois parties. Une entrée assez exiguë était réservée aux femmes, elles pouvaient y suivre la messe, n'ayant pas le droit de pénétrer plus avant dans l'église. Aucun siège bien sûr dans la nef, sauf le long des murs, pour les personnes âgées. Les murs sont parcourus d'une frise d'icônes en bois, colorées et dorées. Enfin, le choeur, appelé sanctuaire, dans lequel se trouve l'autel est presque entièrement fermé par une cloison, et de nombreuses peintures et tentures s'y trouvent suspendues. C'est le lieu sacré où le pope dit la messe, lieu strictement interdit aux femmes.
Derrière l'église se trouve un cimetière, où des croix de bois sont plantées dans l'herbe verte sans pierre tombale. Un peu plus loin, un porche abrite des bougeoirs où l'on peut allumer des cierges. Autour, s'étale le petit village, composé de minuscules maisons en torchis, blanchies à la chaux. Elles sont sans étages, leurs toits sont faits de tuiles arrondies, de lattes de bois ou encore de chaume, suivant la richesse de la famille. Partout, des clôtures en bois, peintes avec des couleurs sombres, entourent les propriétés.
Quand on a poussé le lourd portail sculpté qui ferme la cour, il suffit de monter quelques marches pour atteindre le seuil. La porte donne directement sur une pièce au sol de terre battue, juste sous les toits. C'est la cuisine, petite et peu meublée. Une porte mène à la chambre, où deux lits hauts se font face le long des murs. Accolé à chacun d'eux, un banc, et au milieu une table couverte d'une nappe épaisse et colorée. La chambre sert aussi de salle de séjour et de salle à manger.
De l'autre côté de la cuisine, une deuxième porte s'ouvre sur l'atelier si c'est la maison d'un artisan: potier, forgeron, verrier...
Enfin, quelques dépendances font souvent face à la maison: un four une grange, ou encore un grenier. Des chèvres, quelques ânes et un chien se promènent aux alentours.
Bref, l'ancien village aux maisonnettes blanches semble renaître; il n'y manque que quelques habitants en costume traditionnel, un maître d'école pour punir quelque élève récalcitrant, un pope, et l'illusion serait totale.
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