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Le Musée de la Résistance de Lyon
05/01/2006 10:05Fleur Tathereaux
Depuis 1992, Lyon abrite son musée de la Résistance et de la déportation, créé dans les bâtiments occupés par la Gestapo du printemps 1943 jusqu'en mai 1944, là même où sévissait Klaus Barbie, le « boucher de Lyon ».
Mais pourquoi avoir attendu près d'un demi-siècle pour inaugurer ce Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) ? « Dans l'après-guerre, on ne comprenait pas beaucoup l'intérêt d'un centre de ce type. L'impact dans l'opinion publique de la Shoah ne s'est fait que dans les années 1980 » explique Isabelle Rive, directrice du CHRD.
« En 1965, Lyon s'est toutefois dotée d'un musée de la Résistance et de la Déportation, installé au muséum d'histoire par d'anciens Résistants » poursuit Mme Rive. On compte par ailleurs 150 musées associatifs de ce genre partout en France. Néanmoins, la ville de Lyon reste la « capitale de la Résistance » et la municipalité, sous la direction de Michel Noir (maire de 1989 à 1995), a décidé de financer intégralement, sans l'aide de l'Etat, ce projet d'un Centre d'Histoire.
Aujourd'hui, l'endroit est un véritable pôle culturel et éducatif, un « pôle de sciences humaines dans un lieu chargé de mémoire » précise Mme Rive. Si la Shoah y a naturellement sa place, le cœur du dispositif serait plutôt la Résistance elle-même. « C'est à l'aide de techniques très avancées pour 1992, que le musée regroupe différents thèmes tels que la propagande, la politique de collaboration ou encore l'engagement sous l'Occupation » développe la directrice.
Le visiteur découvre les témoignages de ceux qui ont vécu « l'Histoire de l'intérieur », notamment au travers de vidéos et de différents documents iconographiques commentés grâce à des casques à ondes infrarouges. On peut ainsi mieux comprendre la vie au quotidien durant cette époque lugubre. Aux déclarations aussi impressionnantes que touchantes, s'ajoute toute une ambiance particulière. Le public a la sensation d'évoluer dans une ville durant la Seconde guerre mondiale. Tantôt un labyrinthe de murs sombres, tantôt un véritable salon sous l'Occupation, le décor est réellement surprenant. « C'est un véritable lieu de mémoire aménagé par un metteur en scène de théâtre. C'est ainsi que vous pourrez être transporté dans une imprimerie clandestine ou encore dans une petite place d'un quartier de la Croix-Rousse », complète Mme Rive.
En plus de cette exposition permanente, le musée, qui accueille environ 67000 visiteurs par an, abrite également un centre d'archives, un auditorium et des expositions temporaires. « Plus de la moitié de nos visiteurs sont des scolaires, du CM2 à la terminale. De plus, la Seconde guerre mondiale est au programme d'histoire des élèves de troisième, mais pendant longtemps, il n'y avait pas de service pédagogique. On estimait que c'était le devoir de mémoire et l'on plongeait les enfants là-dedans » déplore la directrice. « Mais aujourd'hui, un travail plus strict est mené. Dans notre ‘espace des jeunes', les élèves peuvent mener des recherches, rencontrer des anciens déportés, le tout à la demande des enseignants », conclut-elle.
Bref, tout est mis en œuvre pour rappeler que la cruauté avait sa place en ce lieu où nombre de personnes ont souffert le martyre et pour que plus jamais ne se manifeste la barbarie nazie...
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