Le CPE, un bon prétexte pour la révolte française.
13/07/2006 09:18Paula Marghiloman, Sebastian Netoie et Carlan SilviuTypo Roumanie Chalon sur Saône
À partir du mois de mars, dans toute la France, les manifestations de jeunes et de moins jeunes ne cessent pas. Le motif : retirer le CPE. On ne voit pas souvent tant de révolte en Roumanie !
CPE, de quoi il s'agit alors ?
En France, le CPE (contrat première embauche) c'est un type de contrat de travail à durée indéterminée, pour les moins de 26 ans. Contrairement à ce que son nom indique, le salarié peut très bien être sous le régime de ce contrat, sans qu'il s'agisse pour autant de son premier emploi. À l'instar du CNE (contrat nouvelle embauche), ce contrat est assorti d'une période de consolidation de deux ans. Durant cette période, l'employeur peut notamment rompre le contrat de travail sans avoir à annoncer son motif de licenciement sans préavis.
Le premier ministre français, Dominique de Villepin, qui a annoncé sa création le 16 janvier 2006, affirme vouloir réduire le chômage des jeunes, dont le taux en 2006 était supérieur au taux moyen de la population.
Les mécontents et les mécontentements.
Ce texte a suscité une vive opposition parmi les syndicats de salariés, les partis politiques de gauche et un nombre important d'étudiants et des lycéens, soutenant entre autres que le contrat facilitera les licenciements abusifs et la précarité.
« Quand il n'y a pas de dialogue possible, on ne peut pas faire autrement. Il y a eu des négociations avant et le gouvernement n'a rien voulu entendre. Donc, la méthode choisie a été de se rassembler et puis de crier dans la rue ce qu'on ne peut pas dire dans les instances légales de négociations », soutient ouvertement une femme présente aux manifs.
Cinq organisations syndicales (la Confédération Générale du Travail CGT, la Confédération Française Démocratique du Travail CFT, Force Ouvrière FO, ainsi que la CFTC et la CFE-CGC) se sont décidées à faire des pressions sur le gouvernement pour qu'il retire le CPE. Le gouvernement, toutefois, a déclaré à maintes reprises qu'il ne reculerait pas sur la loi. Voilà pourquoi toute la gauche française (les syndicats, le Parti Socialiste et le Parti Communiste) a réagi par une avalanche de manifs anti-CPE.
Les conséquences...
Entre 500 000 et 1 million et demi de personnes sont descendues dans la rue pour exiger le retrait du CPE. Paris, Toulouse, Bordeaux, Nancy, Lyon, Dijon, Chalon, ce sont seulement quelques-unes des villes où des comités de mobilisation se sont formés. Les jeunes ont bloqué l'accès des voitures dans les plus importants boulevards des villes, les bâtiments des établissements scolaires.
Un autre protestataire conclut : « La balle était dans le camp du gouvernement et il fallait qu'il réagisse avant. Je crois qu'il avait plusieurs solutions : soit changer de premier ministre, soit retirer le CPE ». « Ou les deux », ajoute une autre dame. Et notre interlocuteur continue : « Peut-être le CPE n'est-il qu'un prétexte, de toute façon il y avait quelque chose qui couvait depuis un moment et les jeunes n'acceptent plus le compromis. Moi je comprends, je suis retraité, mais j'estime que les jeunes ont raison de se révolter parce que, quand on a 20 ans, on pense à son travail, à fonder une famille, à se loger, mais surtout pas à vivre dans la précarité. »
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